Une « oasis de paix » pour vivre jusqu'au bout
« Dans l’oasis de paix, il y a de la vie!, insiste mère Pierre-Anne Mandato, instigatrice du projet. Nous allons donner des soins palliatifs et non de l’aide à mourir. Nous commençons par soigner la douleur, tout en assurant une présence aimante et sereine. Il y a de belles couleurs et de beaux jardins. Ça donne le goût de vivre les derniers temps pleinement! C’est ce qu’on veut offrir. Les patients ne demanderont pas l’aide à mourir, ils vont demander l’aide à vivre. »
Cet apport permettra à l’Agence de santé et des services sociaux de Montréal d’atteindre l’objectif de 197 lits fixé par le ministère de la Santé.
« Il y avait des besoins importants d’infrastructures en soins palliatifs à Montréal, particulièrement dans l’Est », admet Patricia Gauthier, présidente-directrice générale de l’Agence de la santé.
Il s’agit d’une bonne nouvelle selon le maire de Montréal-Nord.
« Les soins palliatifs sont essentiels pour les personnes en fin de vie, mais également pour ceux qui les accompagnent, estime Gilles Deguire. Chacun a droit à une oasis de paix avant le grand départ. Tout geste compte et celui d’aujourd’hui est très significatif pour notre collectivité. »
Preuve de l’importance de l’annonce, plus d’une centaine de personnes s’étaient réunies lors de l’inauguration du nouveau pavillon. En plus des élus locaux et de nombreuses personnalités du milieu des affaires, la mère supérieure de la communauté, Myriam Sida, était venue d’Italie pour assister à la cérémonie.
Le représentant canadien du pape, Luigi Bonazzi, était également présent pour célébrer une messe de bénédiction.
L’étincelle
Le projet d’unité de soins palliatifs a germé dans l’esprit de mère Pierre-Anne au moment où elle soignait Marie Gibeau, ancienne députée de Bourassa. Après un séjour de trois mois à l’hôpital Marie-Clarac et en raison du manque d’infrastructure, la patiente avait dû être transférée vers une autre ressource pour finir ses jours.
Marquée par cette patiente, mère Pierre-Anne a obtenu le financement pour quatre lits de soins palliatifs en 2012. Depuis, cette mini-unité a aussi accueilli une centaine de mourants. Mais la religieuse voyait plus grand.
« Quand j’ai pensé au projet, je pensais que ça coûterait maximum 12 M$. Chaque fois que je soulevais un nouveau besoin, nos partenaires d’affaires nous disaient “on y va” », se souvient sœur Pierre-Anne avec joie.
La religieuse a donc sollicité des gens d’affaires, dont Giuseppe Borsellino, et la Fondation de l’hôpital Marie-Clarac. Au total, une somme de 35 M$ a été amassée, dont seulement 5 M$ provient du gouvernement provincial. L’école Marie-Clarac a aussi contribué à cette campagne en récoltant 140 000 $.
Grâce à ses fonds, un vaste chantier a été mis en branle en 2011 et complété récemment.
En plus des soins cliniques qui seront offerts à l’Oasis de paix, des soins psychologiques et psychosociaux seront dispensés aux mourants.
L’unité comprend également un espace spécialement conçu pour recevoir les proches des patients. Cet espace est équipé d’une cuisinette, d’une salle à manger, d’un salon et d’une salle de bain. Des canapés-lits sont également à la dispositions des familles dans les chambres.
Le fonctionnement de l’unité sera financé par le ministère de la Santé qui a déjà octroyé un budget.
Le pavillon Mère Anselme-Marie
L’oasis de paix est située au troisième étage du nouveau pavillon Mère Anselme-Marie. D’une superficie de 37 948 mètres, celui-ci a un potentiel de 45 lits réparti dans 33 grandes chambres.
Il comprend un centre de réadaptation et de physiothérapie, un centre de radiologie, un groupe de médecine familiale, une clinique de gériatrie et un stationnement souterrain.
« Ce développement nous projette vers l’avenir et nous permettra d’offrir des services de très grande qualité à des personnes qui en ont grandement besoin, estime le docteur Guy Legros de la direction de l’hôpital. Nous nous sommes assurés que les patients seront bien traités. »