Montréal-Nord

Auto, train ou métro? Le Guide de Montréal-Nord fait le test!

Le train de la ligne Mascouche arrive à la gare Saint-Michel - Montréal-Nord.
Le train de la ligne Mascouche. Photo: Emmanuel Delacour/TC Media

Les résidents de l’arrondissement Montréal-Nord sont-ils bien desservis par les différents modes de transports publics offerts dans leur secteur? Nous en avons essayé trois, soit le train de la ligne Mascouche, l’automobile et la combinaison autobus/métro, afin d’en déterminer les avantages et inconvénients.

Lors d’une petite expérience non scientifique, nous sommes partis trois fois de la gare Saint-Michel–Montréal-Nord, pour nous rendre à la gare centrale de Montréal.

Notre journaliste dans le train de la ligne de Mascouche.
Départ du train de la ligne de Mascouche.

Le train

Ouverte en décembre 2014, la gare Saint-Michel–Montréal-Nord, ne semble pas encore avoir charmé le cœur de la population locale.

Arrivés vers 8h00 vendredi matin sur le quai d’embarquement, nous sommes les seuls à l’horizon pour prendre le train de 8h12. Premier constat: les titres de transport sont plus chers pour un voyage en train (5,50$) plutôt qu’en autobus ou en métro (3,25$).

Quelques minutes d’attente, et les premiers passagers commencent à poindre. Le stationnement réservé aux personnes à mobilité réduite et le support à vélo restent tous deux vides, tandis que seulement 45 automobiles se trouvent sur le stationnement ordinaire dont la capacité maximale est de 140 véhicules.

Pendant que quelques utilisateurs arrivent, un premier pépin survient: un retard est annoncé vers 8h05. Un problème d’aiguillage cause un délai d’une dizaine de minutes. Le contretemps s’empire un peu plus six minutes plus tard et le train n’arrive finalement qu’à 8h27. Une trentaine de personnes monte à bord. C’est peu si l’on considère que près de 6500 passagers empruntent quotidiennement cette ligne reliant la ville de Mascouche au centre-ville de Montréal.

Malgré le retard, force est de constater que le train de l’Agence métropolitaine de transport (AMT) est un mode de déplacement appréciable. Propres, bien entretenus et modernes, les wagons à étages sont spacieux et silencieux. En 26 minutes, seulement 5 de plus que prévues par Google Maps et l’AMT, nous sommes arrivés à la gare centrale de Montréal. Il est 8h53.

Départ en voiture de la gare Saint-Michel - Montréal-Nord en direction du centre-ville.
Départ en voiture de la gare Saint-Michel – Montréal-Nord en direction du centre-ville.

L’automobile

Le même matin nous retournons dans le stationnement de la gare Saint-Michel–Montréal-Nord, cette fois-ci en automobile.

L’heure de pointe est presque terminée, mais il semble y avoir encore des bouchons de circulation en vue, si nous nous fions à Google Maps. Départ vers 9h42, le trajet devrait prendre 27 minutes selon le GPS.

Nous empruntons le boulevard Pie-IX et nous dirigeons vers la rue Notre-Dame Est. Le boulevard est quelque peu cahoteux et aurait besoin d’une petite cure de jouvence, mais le voyage se fait plutôt rapidement. La circulation devient moins fluide lorsque nous nous rapprochons du centre-ville, mais cela était à prévoir. Après avoir emprunté le tunnel Viger, nous arrivons à la gare centrale à 10h11, à peine deux minutes de plus que prévu.

Départ de l'arrêt d'autobus près de la gare Saint-Michel - Montréal-Nord.
Départ de l’arrêt d’autobus près de la gare Saint-Michel – Montréal-Nord.

L’autobus et le métro

Lundi matin, il est 8h43 et nous partons de l’arrêt d’autobus situé à l’angle du boulevard Pie-IX et de la 56e Rue. L’autobus de la ligne 139 passe toutes les dix minutes entre 6h00 et 21h00 selon le panneau de la Société de transport de Montréal (STM) accroché à l’abribus.

L’autobus en «accordéon» est grand et offre plusieurs places assises. Le trajet devrait nous prendre 45 minutes, selon le site internet de la STM. Faisant une ligne directe vers la station de métro Pie-IX, la ligne 139 possède une voie réservée, ce qui améliore son efficacité. Nous débarquons quelques instants plus tard à 9h12.

Par la suite, nous prenons la ligne verte en direction Angrignon et nous retrouvons à la station McGill à 9h28. Malheureusement, les calculateurs de trajets ne prennent pas en compte les déplacements à pieds qui se font à l’intérieur des tunnels de la STM et, malgré tous nos efforts, nous arrivons à 9h37 à la gare centrale, après quelques minutes de marche. Le voyage nous aura pris 54 minutes, soit neuf de plus que prévu.

Et le vélo?

Montréal-Nord reste l’enfant pauvre du déplacement à vélo. Très peu de pistes cyclables y sont aménagées. On en compte une sur l’avenue Salk, une qui longe la rivière des Prairies, une autre sur le boulevard Saint-Vital, puis une dernière sur la rue Prieur est, qui la connecte à l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville.

De plus, pour les utilisateurs occasionnels de la bicyclette il faut oublier le Bixi. La station du vélo en libre-service la plus rapprochée de la gare Saint-Michel–Montréal-Nord se trouve à 3,6km, à l’angle de la rue Fleury Est et de la rue Francis. Sinon, aucune borne en vue sur le territoire de l’arrondissement.

Le train mis de l’avant

Bien qu’elle n’ait pas de valeur scientifique, notre petite enquête nous amène à poser une question essentielle: les résidents de Montréal-Nord profitent-ils pleinement de l’offre de transports qui leur est fournie?

Selon Hugues Chantal, directeur de l’aménagement urbain et des services aux entreprises à l’arrondissement de Montréal-Nord, il ne faut pas s’étonner si le train de la ligne Mascouche est plus populaire auprès des résidents des banlieues.

«Au départ, c’est pour cette population que cette ligne a été créée. Toutefois, je crois qu’il faut aussi y voir un élément intéressant de développement de transports dans notre arrondissement», assure-t-il. Une augmentation de la fréquence de passages et un tarif plus abordable pourraient être les premières étapes pour en augmenter la popularité.

«Nous sommes conscients que de faire connaître un nouveau service de transport dans un secteur ou d’autres options sont également disponibles constitue un défi. Je vous confirme que nous amorçons cette semaine une campagne de promotion auprès des nouveaux propriétaires et locataires résidant à proximité d’une gare située sur les lignes Mascouche ou Saint-Hilaire pour les inviter à faire l’essai du train de banlieue», précise Caroline Julie Fortin, conseillère aux relations média pour l’Agence métropolitaine de transport.

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Des passagers montent à bord d’un wagon de la ligne Mascouche en direction du centre-ville à partir de la gare Saint-Michel – Montréal-Nord.

SRB, métro et vélo

Parfaitement conscient des défis qui attendent encore son arrondissement, M. Chantal est toutefois optimiste concernant les projets qui pourraient voir le jour dans Montréal-Nord.

«Le projet intégré du service rapide par bus (SRB) sur le boulevard Pie-IX qui devrait s’amorcer en 2018 et durer quatre années nous permettra d’améliorer la desserte de transport. La possibilité d’une prolongation de la ligne bleue du métro de Montréal jusqu’à Pie-IX serait une autre opportunité extraordinaire», affirme le Directeur de l’aménagement urbain.

Selon, ce dernier, comprendre les besoins des Nord-Montréalais est essentiel. Moins fortunés que sur le reste de l’île de Montréal, les ménages de son arrondissement comptent beaucoup sur les transports en commun.
«Nous sommes très heureux de constater que des projets de voies réservées pour les autobus sur Lacordaire et Maurice-Duplessis pourront bientôt voir le jour. Nous avons aussi l’intention d’ajouter plus de pistes cyclables et nous pensons même à un projet similaire à Bixi dans notre arrondissement», explique M. Chantal.

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