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Cap Nature: consultation publique sur fond de méfiance

Cap Nature: consultation publique sur fond de méfiance
Photo: (Photo: TC Media - Hugo Lorini)

Deux ans après que le projet Cap Nature eut été officiellement présenté à la population de Montréal, la première consultation publique sur Pierrefonds-Ouest s’est déroulée dimanche, un exercice dont la pertinence a été mise en doute par certains citoyens qui craignent de faire face à un fait accompli.

De 11h à 15h, les citoyens de l’Ouest-de-l’Île étaient invités par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) à visiter une série de kiosques érigés à l’intérieur de l’école secondaire Pierrefonds Comprehensive. Promoteurs, représentants de la Ville, étudiants et environnementalistes étaient tous présents pour présenter leur point de vue sur le projet de 5500 logements.

Sur le coup de 15h, la Ville et l’arrondissement ont procédé à une présentation sur l’historique récent des terres agricoles visées par le projet. S’en est suivie une période de questions. C’est pendant cette dernière que certains citoyens ont manifesté leur méfiance et leurs craintes face au processus en cours.

L’OCPM calme le jeu
Aux moins deux personnes présentes ont successivement questionné la validité de l’exercice et sa pertinence, dont le citoyen François Levac. «Je ne crois pas que les recommandations de l’OCPM vont être faites et ultimement, le conseil d’arrondissement va procéder. Est-ce que ce n’est pas un gaspillage de fonds public? Est-ce qu’il est toujours possible de faire avorter le projet?» a questionné l’individu, forçant la présidente de l’OCPM à réagir.

«On est seulement dans la première journée. C’est une séance d’information aujourd’hui. L’idée, c’est de faire surgir les éléments qui vont vous permettre de faire une réflexion. On a 140 consultations à notre actif et une très bonne moyenne d’écoute. Des projets (étudiés) ont été avortés et d’autres pas», a lancé Dominique Ollivier afin de rassurer les gens présents sur la pertinence de faire une consultation et la capacité de l’organisme à transmettre l’information.

Sauvons l’Anse-à-l’Orme
Ross Stitt, du groupe Sauvons l’Anse-à-l’Orme a quant à lui questionné l’usage d’une phrase utilisée dans un pamphlet de l’OCPM envoyé à 20000 portes de l’Ouest-de-l’Île. Dans le document, l’organisme consultatif invite la population à venir «valider et bonifier la vision proposée».

«Pour valider quelque chose, il faut avoir quelque chose à valider. Je suis inquiet que nous soyons déjà devant un fait accompli. Notre groupe ne veut pas valider ce projet, nous voulons préserver ces 185 hectares de Pierrefonds-Ouest», a-t-il lancé, une intervention qui a déclenché une vague d’applaudissements.

Écoutez notre entrevue avec Ross Stitt:

Sue Stacho, du même organisme a demandé à l’OCPM d’obtenir l’opportunité d’effectuer une présentation devant public dans le cadre de la consultation.

«Pour que nous ayons tous un temps de parole égal, on voudrait faire également une présentation au public. On aimerait obtenir un temps égal à celui de la Ville. On a nous aussi une perspective historique à présenter», a-t-elle indiqué.

La présidente de l’assemblée, Nicole Brodeur, lui a répondu que cette demande serait prise en considération, mais que le mandat de l’OCPM était de tenir une consultation sur la vision de la Ville pour le développement de Pierrefonds-Ouest. Elle a aussi invité Mme Stacho à présenter son point de vue dans un mémoire le 2 mai.

«Le temps des décisions est venu»
Le lobbyiste, ancien ministre péquiste de l’Environnement et de la Faune et porte-parole des promoteurs, David Cliche, est d’avis que le projet est déjà bien en selle et ne voit pas pourquoi la Ville «n’arrête pas de tergiverser avec ce projet».

«On planifie ce projet depuis 2005. On discute avec le ministère de l’Environnement depuis 2006. Tout a été étudié. Le temps des décisions est venu. Si la Ville décide de ne pas aller de l’avant avec ce projet, alors qu’ils achètent les terrains de mes clients», fait-il valoir.

Voyez notre entrevue avec David Cliche:

Le maire de Pierrefonds-Roxboro, Dimitrios (Jim) Beis, a indiqué il y a quelques mois qu’il respecterait les recommandations émises par l’OCPM. Ce dernier n’était pas des présentations pendant la journée de dimanche.

La prochaine étape du processus de consultations, une soirée thématique sur les milieux naturels, se déroulera le 4 avril au soir à la même école secondaire.

 

 

 

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