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Situation inquiétante pour les infirmières du Lakeshore

Situation inquiétante pour les infirmières du Lakeshore
Photo: Getty Images

Les heures supplémentaires font partie du quotidien des infirmières auxiliaires du Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS) de l’Ouest-de-l’Île. Entre le 1er avril 2017 et le 10 novembre, une moyenne de 10% de leurs quarts de travail ont été faits en surtemps, un des pires taux de la province. Au Québec, cette moyenne était de 6,24% pour la même période.

Le problème est que les heures supplémentaires sont souvent obligatoires, autant pour les infirmières que pour les infirmières auxiliaires, selon la présidente du Syndicat des professionnelles en soins de santé de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, Johanne Riendeau.

«C’est vraiment catastrophique, surtout pour l’Hôpital Lakeshore. Beaucoup de professionnels sont découragés et à bout de souffle. Les gens qui font du temps supplémentaire constamment sont à risque de faire plus d’erreurs. Ils sont fatigués et moins alertes», soutient-elle.

Si elle ne peut confirmer les données du ministère de la Santé, Mme Rideau juge que la situation serait particulièrement inquiétante pour le département mère-enfant de l’établissement de l’avenue Stillview, à Pointe-Claire. En décembre, les infirmières auraient effectué 30 quarts de travail supplémentaire obligatoires, l’équivalent de 217,5 heures. La moyenne est d’environ vingt quarts de travail.

«C’est énorme et ça monte en flèche», souligne Mme Riendeau.

Le nombre de griefs concernant le temps supplémentaire obligatoire est également en hausse. Pour l’année 2018, 284 griefs auraient été déposés contre 163 l’année précédente. Presque la totalité concerne le Lakeshore.

«Mais plus de la moitié du personnel ne vient pas compléter de grief, explique la présidente du syndicat. Les infirmières et les auxiliaires disent que ça ne change rien, que dans le passé, elles en ont déjà déposés et l’employeur n’a rien fait.»

Tendance à la baisse
La direction fait remarquer de son côté que, malgré un taux élevé de temps supplémentaire, la tendance serait plutôt à la baisse pour les infirmières auxiliaires. Après avoir atteint une pointe de près de 15% du 22 juillet au 18 août, cette statistique n’a cessé de diminuer depuis.

«Il faut prendre en considération que nous avons un grand parc d’hébergement sur un territoire étendu, a fait valoir le CIUSS. Comme pour tous les établissements de santé de la province, nous éprouvons une pénurie de main-d’œuvre. De plus, s’ajoute à notre organisation le défi de recrutement du personnel bilingue.»

Pour le syndicat, le problème doit être réglé, notamment avec l’embauche de nouvelles infirmières et l’implantation des nouveaux ratios professionnels/patients dans tous les départements.

Le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île compte 3000 syndiqués représentés par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), dont quelque 1000 infirmières auxiliaires et près du double d’infirmières ainsi que quelques inhalothérapeutes.

% d’heures supplémentaires des infirmières auxiliaires en 2018

10 décembre 2017 au 6 janvier 8,9
7 janvier au 3 février 9,9
4 février au 3 mars 11,14
4 au 31 mars 12,6
1er au 28 avril 13,9
29 avril au 26 mai 10,9
27 mai au 23 juin 12,04
24 juin au 21 juillet 14,4
22 juillet au 18 août 14,8
19 août au 15 septembre 13,5
16 septembre au 13 octobre 11,5
14 octobre au 10 novembre 10,9

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