L’amour avec un grand A

L’amour avec un grand A
Photo: District – Denis GermainYves Dagenais et Aline Méthot

Même après 60 ans de vie commune, Yves Dagenais et Aline Méthot  filent le parfait bonheur. C’est à travers des lettres bien précieusement gardées dans leur appartement d’Outremont qu’ils ont commencé leur histoire d’amour. À leurs retrouvailles sur un quai de Québec en 1959, l’étincelle de leur première rencontre était demeurée bien vivante, et depuis, elle ne s’est jamais éteinte.

Leurs chemins se sont croisés dans les couloirs de l’Hôtel Dieu de Montréal.

«On travaillait l’un comme médecin interniste et l’autre comme infirmière. Pendant deux ou trois ans, on a arpenté les mêmes corridors et un moment donné la lumière s’est faite», raconte M. Dagenais.

Mme Méthot surveillait alors un jeune dans un coma diabétique. «J’ai passé toute la nuit avec Yves et c’est là qu’il m’a remarqué», se remémore celle qui a été charmée par ses yeux noirs.

Après quelques sorties, ils ont dû se séparer pour poursuivre leur carrière respective. Mme Méthot s’est rendue en Europe tandis que M. Dagenais s’est dirigé vers Boston.

Dialogue

«On s’écrivait trois fois par semaine», mentionne l’ex-infirmière de 89 ans. Malgré la distance, leur correspondance a permis de solidifier les liens et de se retrouver comme s’ils ne s’étaient jamais quittés.

«Les sentiments sont plus approfondis, note-t-elle. Aujourd’hui, les gens ne s’écrivent plus, c’est en 140 caractères. Ils ne se connaissent plus.»

Selon eux, le secret de leur longévité réside dans leur capacité à discuter. «Je pense qu’on a été habitué à ne pas perdre le Nord dès qu’on a une objection ou un problème. On y fait face, on s’explique et on trouve une solution», analyse Mme Méthot.

Ils estiment bien se compléter. Aline décrit son mari comme étant rationnel et résilient. Pour sa part, Yves qualifie sa douce de patiente et dotée d’une grande gentillesse.

Le couple n’a traversé aucune tempête au cours de leur vie commune. Sauf peut-être la récente pancréatite aiguë qui a frappé M. Dagenais.

«J’ai été 10 jours en soins intensifs. J’ai failli mourir», raconte-t-il.

Ayant perdu 18 kilos, c’est en l’aidant à se nourrir que Mme Méthot a réussi à le sauver. Après un an de diète sévère, M. Dagenais s’est levé un matin avec la faim qui le tenaillait.

«Je lui ai fait un osso buco de veau et il a tellement aimé ça qu’il n’était plus couchable», se rappelle-t-elle en riant.

Le clan

La plus grande fierté des deux Outremontais est leur «clan» qui compte trois enfants et sept petits-enfants.

Ils se souviennent encore de la naissance de leur aîné et de l’émotion de M. Dagenais. «Il prenait une photo de Michel qui naissait et les larmes coulaient. C’est certainement mon moment le plus touchant», mentionne Mme Méthot.

Ils ont toujours inclus leur fils et leurs deux filles dans leurs activités, comme voyager et même la construction de leur chalet à Sutton, dans les Cantons de l’Est.

Le couple s’est installé il y a 10 ans au complexe L’Image d’Outremont dès son ouverture. Ils continuent d’y vaquer à leurs passe-temps, à recevoir leur famille … et à s’aimer!