Outremont & Mont-Royal

Comment partager l’espace public entre hassidim et non-hassidim?

Deux personnes traversent la rue dans le Mile-End. Photo: Josie Desmarais/Métro

Un nouveau rapport déposé par l’Arrondissement d’Outremont lundi dernier explore le partage de l’espace public entre les personnes hassidiques et non hassidiques. À travers plusieurs témoignages recueillis, il met en lumière des problématiques vécues par des habitants d’Outremont et du Mile-End, et propose des pistes de solution.

La doctorante en sociologie Valentina Gaddi, auteure du rapport, s’est rendue dans plusieurs lieux d’Outremont pour observer et rencontrer une quarantaine de personnes de l’arrondissement. Certains témoignages recueillis abordent des problèmes qui peuvent avoir lieu entre les différentes communautés de l’arrondissement, et notamment du point de vue d’habitants non hassidiques.

Au printemps dernier, l’arrondissement d’Outremont avait déjà mis sur place une Table de concertation qui réunit plusieurs citoyens et représentants du quartier, hassidiques et non hassidiques. Avec dix rencontres entre mai 2021 et février 2022, l’objectif vise à «ouvrir le dialogue et établir une cohabitation entre voisins de diverses communautés». Un premier rapport du professeur Frédéric Dejean, se concentrait sur la place des synagogues dans les communautés juives hassidiques.

Problématiques

La chercheuse note pour de nombreuses personnes non hassidiques la présence d’«irritants», soit des troubles ou événements personnels problématiques. Ces expériences répétées ajoutées à un manque de communication, à la circulation de rumeurs au sujet des juifs hassidim et à l’incompréhension du mode de vie religieuse peuvent être des facteurs qui transforment ces événements en une identification d’une problématique quant à la présence des hassidim à Outremont et dans le Mile-End.

D’un point de vue des juifs hassidiques interrogés, les réactions semblent être plus positives quant à la cohabitation. Les témoignages mentionnent toutefois des problèmes avec une minorité de voisins non hassidiques, des situations «qui sont également définies par la plupart de ceux et celles qui les vivent comme de l’antisémitisme».

Les employés de l’arrondissement doivent donc souvent trouver un équilibre entre les différentes plaintes, fondées ou non, et problématiques entre les résidents hassidiques et non hassidiques.

Une cohabitation

Selon des données de 2020, les hassidim représentent 22 % de la population outremontaise et 7 % de celle du Mile-End.

Lors de ses observations dans les parcs et terrains de jeux, la chercheuse a remarqué une «cohabitation pacifique, mais distante entre hassidim et non-hassidim», nuancée par de petites interactions et small talk, ou quelques mauvaises expériences pour des personnes non hassidiques.

Au niveau des commerces, il semble y avoir une séparation quant à la fréquentation des magasins hassidiques et non hassidiques. Les juifs hassidiques iront plus souvent faire les courses dans des magasins juifs, contrairement aux non hassidiques.

Pistes de solutions

Les pistes de solution envisagées encouragent une meilleure communication entre les deux parties. Les personnes interrogées proposent de mettre en place des activités rassembleuses, des instances de médiation, une meilleure compréhension des communautés hassidiques, un agent de liaison communautaire et de la sensibilisation auprès des personnes hassidiques.

La Table de concertation, dont la dernière rencontre prendra lieu en février prochain, continue de chercher des moyens d’améliorer le bon voisinage.

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