Quatre candidats et un comté
Face à face dans cette élection partielle qui verra son issue le lundi 9 décembre prochain, on retrouve, à ce jour, Julie Surprenant (Option nationale), Édith Laperle (Québec solidaire), Philippe Couillard (Parti libéral) et Régent Millette (Indépendant).
Julie Surprenant – Option nationale
Consultante en recrutement, Julie Surprenant est chasseur de têtes dans le domaine de la communication et du marketing. Comédienne de formation elle a joué entre autres dans Le Retour, Un gars, une fille, avec les Chick’n Swell, etc.; elle est l’heureuse maman de deux garçons de 14 et 10 ans.
«J’ai toujours aimé la politique même si je n’ai jamais été une militante importante, mais déjà à l’âge de neuf ans en 1980, je participais à ma manière à la campagne du référendum en faisant le ménage au local électoral», se souvient-elle en riant.
«Par contre, le printemps « érable » m’a beaucoup interpellé. J’ai vu ma province se réveiller par un soulèvement des jeunes dont on pense toujours qu’ils sont amorphes et distants socialement. J’ai fait toutes les marches !»
«Et c’est en entendant Jean-Martin Aussant à une émission de Marie-France Bazzo que j’ai décidé de m’inscrire à Option nationale.»
«J’ai trouvé son discours emballant, poursuit-elle, et je lui ai envoyé le courriel peut-être le plus spontané que j’ai jamais écrit en lui proposant mon aide, le plus simplement du monde, une simple paire de bras pour faire avancer la cause.»
«Et c’est là qu’il m’a dit « présente-toi ! ». Ce que je fais dans le comté de Jeanne-Mance-Viger à Saint Léonard en 2012. Certes, je n’ai eu que 413 votes, mais je les ai tous gagnés un par un, en allant rencontrer chacun d’eux, à chaque porte…»
Julie Surprenant et son équipe envisagent d’organiser prochainement une soirée Mots engagés, faite «de rencontres, de discussions et de prises de parole, qui devrait avoir lieu au petit Outremont le 30 novembre, mais ces informations restent à confirmer», insiste la candidate.
Édith Laperle – Québec solidaire
Titulaire d’un bac en relations industrielles de l’Université de Montréal, Édith Laperle travaille comme conseillère syndicale au Syndicat canadien de la Fonction publique et défend ainsi les droits des travailleurs des services publics. À 35 ans, elle est l’heureuse maman d’un garçon de neuf ans.
«J’ai toujours été impliqué dans la communauté, qu’il s’agisse des comités de parents à l’école de mon fils, des comités d’usagers, du conseil étudiant, etc.», raconte la candidate de Québec solidaire.
«Je me suis toujours intéressée à la politique. J’ai été membre d’autres partis auparavant, dont, entre autres, le Rassemblement pour une alternative progressiste, le parti fondé par Michel Chartrand, avant d’entrer à Québec solidaire dès sa fondation.»
«Me lancer dans une campagne électorale? C’est une idée à laquelle j’avais pensé sans jamais vraiment y réfléchir», confie Édith. «Et puis un ami m’en a parlé en me conseillant de bien y penser, et je me suis dit »pourquoi pas! ». J’ai sauté le pas lors de la dernière élection générale en 2012.»
«Ce que je retire le plus de ces campagnes, ce sont les rencontres avec les gens et les groupes communautaires. Je me rends compte qu’on vit tous dans des mondes parallèles. La campagne nous permet de découvrir ces autres réalités», poursuit-elle.
«Il y a beaucoup de travail à faire auprès des travailleurs précaires, des travailleurs domestiques, etc., et bien que je sois consciente par mon travail de leurs enjeux, je n’y suis pas confronté aussi directement que lors d’une campagne. D’autant plus qu’il n’y aurait pas grand-chose à changer pour nous qui sommes mieux installés dans nos vies, mais qui pour eux les aiderait grandement…»
«Quand on discute avec les gens, je me rends compte qu’ils ont une vision des politiciens beaucoup moins négative», constate Édith Laperle. «Ils ne dressent pas un tableau aussi noir que les médias veulent bien le faire croire.»
Philippe Couillard – Parti libéral du Québec
Neuro-chirurgien de métier, ancien ministre de la Santé, Philippe Couillard est le père de trois enfants auxquels s’ajoutent les deux enfants de sa conjointe. «Mon père était professeur de biologie à l’Université de Montréal.»
«Il y est devenu professeur émérite et c’est l’un des 125 bâtisseurs de l’UdeM. Ma mère est originaire de Grenoble en France et titulaire d’une maîtrise de géographie.»
«Au départ, c’est l’histoire et l’archéologie qui m’intéressait puis, très vite, le goût pour les sciences naturelles et la biologie a pris le pas. Les sciences de la santé puis la médecine et plus spécifiquement la neurologie m’ont amené à la neurochirurgie. C’est la science du cerveau, comment il fonctionne, qui m’a fasciné.»
«L’entrée en politique? Dans ma pratique médicale, je me sentais de plus en plus concerné par les enjeux de santé et je m’impliquais de plus en plus souvent dans les débats par des écrits, des publications à propos de la gestion médicale», explique Philippe Couillard.
«Je trouvais que la politique était une bonne façon de faire avancer, évoluer les choses. Comme je travaillais à Sherbrooke, j’ai eu l’occasion de rencontrer le député du coin, à savoir Jean Charest qui m’a invité à participer au congrès du parti comme analyste à l’automne 2002.»
Élu député de Mont-Royal en 2003, Philippe Couillard entame alors un mandat de cinq ans et demi comme ministre de la Santé, «un des plus longs mandats ministériels», commente le candidat libéral.
«J’ai quitté la politique en 2008 parce que je voulais élargir mes horizons, comprendre comment fonctionnent les institutions et les fonds d’investissements en santé, bref faire un bout de chemin dans ces réalités.»
Retour à l’Assemblée
«Il est vrai que la politique offre une intensité et une diversité sur toutes sortes de sujets qui m’ont fait peu à peu songer à revenir. Il faut être bien conscient que s’investir en politique, quand on a une carrière professionnelle, est un immense sacrifice; on ne fait pas ça pour la fortune.»
«Mais j’ai fait une deuxième fois le choix de la politique parce que pas mal de gens y croyaient beaucoup.» Pour le candidat du PLQ, l’enjeu de cette élection partielle est d’entrer à l’Assemblée nationale comme chef de l’opposition.
«La circonscription d’Outremont était un lieu naturel pour moi puisque j’y ai passé mon enfance (il a grandi au 631 Davaar) et ma jeunesse entre le collège Stanislas, l’aréna, etc.».
Régent Millette – Indépendant
Régent Millette annonce sa candidature comme indépendant dans la circonscription d’Outremont dans le cadre des élections partielles du 9 décembre 2013. «Pour combattre la corruption, et pour nettoyer la politique», annonce d’emblée le quatrième candidat au poste de député du comté d’Outremont à l’Assemblée nationale du Québec.
«Il est temps de demander à Philippe Couillard et au PLQ de rendre des comptes pour toute la corruption au Québec», ajoute Régent Millette en guise de plateforme électorale sur le site internet de sa campagne (www.regentmillette.ca).
Selon le site quebecpolitique.com, il semble que le candidat Millette soit coutumier du fait, «au point que le nombre d’élections auxquelles il aurait été candidat n’est pas connu avec exactitude».
Mais on dénombre toutefois «au moins six élections fédérales depuis 2000, selon le Pundits’Guide to Canadian Federal Elections; un nombre indéterminé d’élections municipales, notamment à Laval ces dernières semaines, et 14 élections générales et partielles au Québec depuis 1966.» Outremont serait sa 15e campagne dans cette catégorie. Les électeurs apprécieront…
«C’est sa façon de lutter contre l’apathie générale en invitant les gens à s’impliquer en politique», explique Rick Blatter, son directeur de campagne.
«C’est un éveilleur de conscience. Chaque élection est une tribune pour faire avancer ses idées et encourager les gens à se présenter. Nos gouvernements dépensent trop d’argent, pour trop de projets.«
«Les gens en ont assez de la corruption. Il faut nettoyer la politique, réduire les taxes, sauver de l’argent en dépensant moins pour entretenir nos ponts et nos routes, par exemple… »
Âgé de 78 ans, père de deux enfants, Régent Millette est connu pour avoir dénoncé en cour la collusion à Laval.
Quand il n’est pas en campagne, cet ancien professeur de français est bénévole dans divers organismes communautaires et participe aux distributions de colis alimentaires de la Société Saint-Vincent-de-Paul.