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Incursion dans le monde des juifs hassidiques

Déterminée à faire tomber les préjugés envers la communauté juive hassidique, l’auteure Magali Sauves a récemment lancé son roman «Yiosh!», dont la majeure partie de l’intrigue se déroule à Outremont. 

Rencontrée par L’Express la veille du lancement de son œuvre, Mme Sauves était fébrile. «Je suis particulièrement fière de ce livre-là, j’y ai mis beaucoup de temps», a-t-elle affirmé d’emblée.

Née en France d’une mère juive tunisienne et d’un père français catholique, Magali Sauves est arrivée au Québec il y a douze ans. Peu de temps après s’être installée dans l’ouest montréalais avec sa famille, l’enseignante a décroché un emploi en enseignement, dans une école juive orthodoxe d’Outremont.

«J’étais anxieuse, confie-t-elle. Je vous mentirais si je vous dirais que je n’ai pas hésité. Comme beaucoup de gens, je connaissais mal la communauté hassidim, leur discrétion me faisait un peu peur.»

Finalement, Mme Sauves estime que son passage parmi les hassidiques a été une sorte de révélation. «Le samedi, ils se rendent à la synagogue, les autres jours ils vaquent à leurs occupations, comme tout le monde. Ce sont des gens comme vous et moi, des gens normaux», soutient l’auteure.        

Si Mme Sauves n’avait qu’un souhait, ce serait que «Yiosh!» vienne chambouler les idées préconçues sur les juifs orthodoxes d’Outremont. «Je veux par-dessus tout que les gens comprennent que derrière leur apparence hermétique, il y a des humains qui doivent faire face à la même réalité et aux mêmes défis que les autres.»

Traditions ancestrales

L’histoire raconte celle d’Alexandra Ackerman, une jeune fille russe intelligente et curieuse, qui se retrouve séparée des siens et trouve refuge chez des juifs hassidim du quartier d’Outremont. Déracinée, elle est obligée de se fondre dans des traditions ancestrales qu’elle remet sans cesse en question. Témoin privilégié, Alexandra comprendra rapidement que la famille qui l’héberge cache plusieurs lourds secrets, que ses membres portent en eux des cicatrices profondes laissées par l’histoire de leurs ancêtres.

Certains passages tracent bien le portrait des coutumes juives orthodoxes. «Cache tes coudes, tes genoux et tes clavicules, et porte des bas en tout temps. Ne t’exhibe pas, ne te déhanche pas et retiens tes cheveux par un bandeau. N’écoute pas de musique à la mode. Ne chante pas, ni ne fredonne. Ta voix pourrait charmer les mâles présents. Ne lis pas de livres interdits. Ne te lance sans aucun commentaire inapproprié devant les enfants à propos de sottises. J’ajoute que tu ne dois, en aucune occasion, fixer les hommes dans les yeux, leur adresser la parole, les toucher ou bien les frôler. Ne tends jamais la main la première, ne serait-ce à une femme, c’est plus prudent», peut-on lire, entre autres.

«Yiosh!» est le deuxième roman de Magali Sauves. Publié chez Hamac classique, il est disponible en librairie depuis le 9 septembre.

 

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