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Repose en paix Michael

Depuis près de 30 ans, il était connu des gens des environs d’Outremont et du Mile-End sous le nom de Michael ou «Mike». Aujourd’hui, c’est toute une communauté qui pleure sa disparition.

Figure connue de l’avenue du Parc, Michael (de son vrai nom Domenico Meduri) un itinérant octogénaire, était un personnage indissociable du secteur. Les habitants, commerçants et passants l’avaient adopté, faisant de lui un proche, un vrai membre de la famille.

«Ça m’a fait vraiment mal», explique Nello Peluso, l’un des gérants du Supermarché P.A., où Michael passait beaucoup de temps, au sujet de l’annonce de la mort de celui-ci.

«Chaque jour on le voyait, il nous saluait, nous demandait s’il pouvait jouer de la musique en avant. Nous l’avons toujours traité comme de la famille», explique M. Peluso, qui connaissait Michael depuis quatre ans. «Il était excentrique, intelligent, parlait plusieurs langues; il voulait toujours payer sa nourriture.»

C’est Soula, la gérante du supermarché qui l’a accueilli à bras ouverts, il y a quelques années. La nouvelle de sa mort, le 11 février, à la suite d’une hospitalisation, l’a vraiment secouée.

Même son de cloche du côté de Copie 2000, tout près, où Michael avait également ses habitudes.

«Ça a vraiment touché tout le monde», explique Julie, une employée du centre de copie. «Tous les gens entrent dans le commerce et nous en parlent ou font imprimer des photos de lui.»

«On le laissait toujours entrer l’hiver quand c’était froid, sinon ça n’aurait pas été humain», confie Bassam Khoury, gérant de l’endroit, qui lui a même donné un manteau pour se protéger de la température. «Il jouait de la musique, il écrivait. Quand il y avait trop de clients, il partait sans faire d’histoire. C’était un gars différent: étonnant, éduqué et doux.»

La clientèle aussi en deuil

Les propriétaires du supermarché l’ont toujours laissé venir à l’intérieur, même si une minorité de clients se plaignaient parfois de sa présence. Il était très apprécié des habitués.

«Certains clients ont commencé à pleurer lorsque nous leur avons appris la mauvaise nouvelle», raconte Nello Peluso, le trémolo dans la voix. «Même les clients pensaient à lui quand ils faisaient leurs courses, en lui achetant quelque chose, comme un poulet cuit ou du pain. Ça faisait partie de leur routine.»

C’est en consultant la page Facebook de l’entreprise que l’on peut remarquer l’ampleur de la sympathie du public envers «Mike», plusieurs internautes ayant laissé des messages à son sujet.

Du même coup, un mur en hommage à l’homme a été érigé sur la vitrine du Supermarché P.A., où les gens qui l’ont connu, côtoyé ou simplement croisé peuvent venir afficher photos et mots en mémoire de celui-ci.

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