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Nayla-Marie Mazloum, toujours dans l'ActionS

Le Gala des Femmes Arabes du Québec célèbre chaque année les femmes arabes qui œuvrent au sein de la communauté québécoise. Dans Outremont et Ville- Mont-Royal, elles sont trois à avoir été retenues pour leurs actions au sein d’associations ou d’entreprises. Pendant trois semaines, l’Express d’Outremont et l’Express de Mont-Royal peignent le portrait de ces femmes immigrantes investies à 200 %. Le premier volet de cette série est consacré à Nayla Marie Mazloum.

Pendant l’entrevue, Nayla-Marie Mazloum n’évoquera pas le trophée associatif et communautaire qu’elle a remporté lors du Gala des femmes Arabes du Québec. Sûrement par pudeur et modestie. Elle préfère parler des jeunes enfants qu’elle aide via son association ActionS.

Son association, elle l’a créée en 2009. En mai de la même année, Nayla organise sa première vente : vêtements pour la famille, accessoires de cuisine, cadeaux, etc. Depuis la création de son association, ces ventes ont rapporté pas moins de 277 000 $ et aidé plus de 7000 bénéficiaires, des enfants vivant à Montréal sous le seuil de pauvreté. L’idée de créer cette association avait germé dans l’esprit de Nayla trois ans auparavant. «En 2006, je suis tombée par hasard sur des statistiques qui disaient qu’un enfant sur trois vit sous le seuil de pauvreté au Québec», se souvient-elle. Ce qui la choque avant tout, ce sont les inégalités entre les différentes strates de la population. « C’est sûr qu’au Québec, on ne connaît pas la famine. Rien à voir avec des pays comme le Bangladesh où la misère est partout. Mais ici, ce sont ces inégalités qui sont réellement choquantes. Quand on travaille avec des organismes, on s’en rend vraiment compte », s’insurge-t-elle. Avec ActionS, elle souhaite donner un avenir plus équilibré à ces enfants. «Les Montréalais sont généreux, insiste-t-elle. Ils donnent les objets que nous revendons lors de nos ventes au cinquième, voire au dixième du prix initial. Ensuite, avec l’argent récolté notre comité interne décide à quel organisme attribuer cette recette, en fonction de son projet. »

Trois catégories font l’objet d’une attention particulière auprès du comité : la bonne alimentation, le sport et les loisirs et l’apprentissage des métiers manuels.

Artiste peintre en Arabie Saoudite

Originaire d’Alep, en Syrie, Nayla-Marie a toujours intégré une place pour le bénévolat dans sa vie. «À la maison, le bénévolat était une sorte de tradition familiale, se souvient-elle. Nous étions quatre enfants et nous avons commencé par le scoutisme. Lorsque je vivais en Arabie Saoudite, j’étais aussi très engagée dans les écoles de mes enfants, et à la Maison des Français de l’étranger.» Tout comme ses parents l’ont fait avec elle, Nayla tient aussi à ce que ses quatre enfants s’impliquent dans la communauté : «On se sent grandi tellement on reçoit. Ça nous enrichit.» Aujourd’hui, le bénévolat occupe ses journées. Il est loin le temps où Nayla était artiste peintre et vendait ses œuvres en Arabie Saoudite. D’abord diplômée en Arts et Lettres à la faculté d’Alep, elle suit ensuite des cours de peinture à l’huile et à l’acrylique à Montréal, après son arrivée en 1995. Elle monte une première exposition en Arabie Saoudite. Un succès. Dès lors, elle fera les décorations de grandes villas, de mosquées. Elle travaille même pour le compte du Prince successeur Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud, actuel roi d’Arabie Saoudite. Mais comme Nayla aime à le dire, «le destin a fait que j’ai créé ActionS, j’y consacre toute mon énergie et tout mon temps». Le peu de temps qu’il lui reste, elle l’emploie à bon escient : le bénévolat. Toujours. Mais cette fois au sein de la Société canadienne de l’hémophilie, où elle a entraîné avec elle… toute sa famille. (Photo: Mario Beauregard)

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