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Joanny-Furtin Michel - TC Media
Raymond Bachand poursuit avec une espèce de force tranquille sa campagne à la direction du Parti Libéral du Québec (PLQ). Dimanche dernier, lors du 4e débat, le 3e en français, autour des thèmes de la santé et des services sociaux, il a martelé cette idée que « ce n’est pas seulement une question d’argent; il faut faire les choses autrement ! »

Si Raymond Bachand donne l’impression de marcher sur les plates-bandes de Philippe Couillard, il rappelle le départ du gouvernement de son collègue en juin 2008. L’eau a coulé sous les ponts depuis, et l’encre aussi dans les médias à propos du système de santé au Québec.

« J’ai fait des annonces majeures en santé, et je vais plus loin que mon collègue. Quand je regarde ce qu’on fait dans ce domaine depuis 15 ans, on peut donner toutes sortes d’explications, mais le mot-clé, c’est le patient et je le place en haut de la pyramide de décision », insiste le député d’Outremont.

« Nous avons la chance d’avoir mis en place un système de prise en charge des soins gratuit et universel, encore faut-il que ces soins puissent se faire en temps et lieu et ce, dans des délais raisonnables. »

« On a réussi à rattraper le retard pour les opérations de la hanche et les cataractes. On peut atteindre les mêmes résultats pour d’autres types d’interventions chirurgicales et médicales. À Outremont, nous sommes aussi chanceux d’avoir à proximité plusieurs hôpitaux et centres médicaux d’importance (Jewish, Ste-Justine, St-Mary, Gériatrie, Général, Shriners, etc.) privés et publics. »

« Une patiente n’a donc pas à souffrir pendant trois ans pour subir enfin son opération. Si c’est le cas, le réseau privé devrait pouvoir se substituer au réseau public, et que ce soit pris en charge par les programmes sociaux. Mon collègue Philippe Couillard partage la même opinion sur la place du privé dans le système de santé québécois. »

Des urgences entre la poule et l’œuf

« Pourquoi les urgences sont engorgées ? Il faut se poser la question autrement », développe Raymond Bachand. « Par exemple, aux urgences, y vont des personnes qui souffrent de maladies chroniques et ont besoin d’un suivi sur le long terme. On y reçoit aussi des personnes âgées inquiètes, désemparées parfois angoissées, qui ont besoin de parler à quelqu’un et d’être rassurées. Ce n’est pas aux urgences de gérer ces types de cas. À l’instar d’une épicerie, les urgences sont trop aisément considérées comme le dépanneur quand l’épicerie est fermée, alors que ça devrait être l’inverse. »

« Il faut vraiment se donner les moyens de la migration du système de santé vers l’accompagnement à domicile. Je prends pour exemple le projet pilote des infirmières dans les Hautes-Laurentides dont le travail a amené trois fois moins de patients dans les urgences. »

« Certes, ce dossier sera toujours entre la poule et l’œuf, résume Raymond Bachand, mais il faudra mieux définir les conditions des groupes de médecins de famille avec des horaires plus larges et accessibles au public. »

« C’est selon moi ce que nous devons cibler pour résoudre nos problèmes en santé entre les interventions auprès de la population et les crises temporaires comme l’épidémie de grippe des dernières semaines ou le H1N1 il y a quelques années. »

 »Touche pas mon intégrité »

On connaît le souci du candidat Bachand sur les questions d’intégrité. On sait aussi son peu de goût pour la mesquinerie lors des campagnes. Or, le député d’Outremont a semblé prendre les armes de l’ennemi envers son collègue Philippe Couillard à propos de ses liens avec Arthur Porter, ancien responsable du Centre universitaire de santé McGill qui serait, dit-on, sous le soleil des îles plutôt qu’à l’ombre…

« J’ai été particulièrement piqué par Philippe Couillard lorsqu’il a semé le doute sur la conviction de notre gouvernement de faire le nécessaire contre la corruption et la collusion dans le milieu de la construction », explique Raymond Bachand.

« Dans ce sens, nous avons voté des lois; nous avons donné plus de poids légal et coercitif, entre autres, à la régie du bâtiment, l’escouade Marteau, l’UPAC, la lutte contre l’évasion fiscale, etc. »

« Contrairement à ses propos, nous avons été hyperactif sur ces questions. Certes, ce n’est pas parfait et il y a toujours place à l’amélioration, mais sur ce coup-là, je l’admets, j’étais sur la défensive », sourit-il.

Un dossier  »double-face »

Le cinquième et dernier débat, le 4e en français, a eu lieu, pour cause de Super Bowl semble-t-il chez les diffuseurs hertziens, le samedi 2 février dernier de 12h30 à 14h. Accessible via le web sur le site du PLQ, il y était question d’environnement et d’économie. Un domaine double que connaît bien le député d’Outremont et candidat à la chefferie de son parti.

« L’un ne va pas sans l’autre et c’est le grand chantier du développement durable. On pourrait voir ces deux dossiers comme antagonistes si les enjeux de ce développement durable n’intégraient pas le fait que nous vivons en société et qu’on ne pas bloquer tout développement sinon on crèverait de faim », assène-t-il.

« En tant qu’élus, nous devons porter les aspects, les deux côtés de la médaille. Je pense que le développement économique du Québec, nécessaire pour assurer les programmes sociaux que souhaite notre population, peut se faire en bonne intelligence avec le respect de notre environnement pour les générations futures. »

Le vote final du 17 mars définira le successeur de Jean Charest, le prochain chef du Parti Libéral du Québec, et un potentiel premier ministre en cas d’élections.

« Après le débat de samedi, nous entrons dans la phase 3 de la campagne, celle des militants et des assemblées locales des membres. Pour Outremont, l’adhésion au parti est toujours ouverte, mais les inscriptions de nouveaux membres sont closes pour participer au vote final puisque l’assemblée de la section locale du PLQ Outremont a lieu ce jeudi 7 février. »

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