Les Trois, voire quatre, jours de Casteliers
Du jeudi 7 au dimanche 10 mars, Les Trois Jours de Casteliers, qui en fait, comme les trois mousquetaires, sont quatre, accueilleront des marionnettistes de France, des Pays-Bas, d’Écosse, de Lituanie, de l’Ontario et du Québec.
Au programme, dix spectacles, cinq pour la famille et cinq pour les adultes, et sept courtes formes proposeront un portait à multiples facettes de la pratique contemporaine. Comme tout bon festival qui se respecte, le public trouvera de nouvelles créations, des compagnies renommées et des marionnettistes de la relève, et certaines activités liées à la profession.
Avec une une belle place cette année, Journée internationale de la femme oblige, aux créatrices, qu’elles soient auteures, metteures en scène, conceptrices, marionnettistes ou interprètes.
En plus des spectacles, on remarquera une exposition de marionnettes de Ronnie Burkett; un documentaire, Le temple de la marionnette et un court-métrage d’animation, Drenica; une table ronde, des conférences et des ateliers de fabrication pour les enfants… et pour les adultes !
Heureusement qu’il y a quatre jours au lieu de trois, car nous allons être bien occupés. Le comédien, metteur en scène et professeur Carl Béchard, un amoureux de la marionnette – « mais on ne sait pas laquelle… », dit-il – est encore cette année le porte-parole du festival.
Les spectacles pour adultes
Présenté à l’auditorium Paul-Gérin-Lajoie d’Outremont ce jeudi 7 mars à 16 h, (dé)cousu(es) d’Émilie Racine (Montréal) est un spectacle sans parole, qui s’adresse aux 13 ans et plus.
(dé)cousu(es) est un récit visuel inspiré de l’univers des contes où rêve, cauchemar et réalité se confondent. C’est l’histoire d’une petite fille plongée dans son monde intérieur. Sous le joug de ses propres peurs incarnées par la mystérieuse Femme Corbeau, elle fera la connaissance de ses doubles et devra apprivoiser ses forces obscures.
Artiste de la relève, Émilie Racine a d’abord étudié la scénographie. En priorisant une démarche multidisciplinaire, les arts de la marionnette répondent à son besoin de fabriquer et mettre en scène des univers qui scrutent l’intériorité humaine.
Présenté en anglais avec surtitres français par Duda Paiva (Pays-Bas) au Théâtre Outremont les 7, 8 et 9 mars (19h, 21h et 16h), Bastard! s’adresse aux 16 ans et plus. Librement inspiré de L’Arrache-coeu! de Boris Vian, Bastard! nous emmène dans l’univers d’un artiste à la recherche de lui-même. Enfermé dans un dépotoir, il a pour seule compagnie une vieille danseuse cul-de-jatte et son «bon ami» en sous-vêtements…
« Un temps fort du festival, annonce Louise Lapointe, et un artiste à découvrir absolument! Duda Paiva crée un monde magique, surréaliste et absurde, comme l’univers provocateur de Vian où la cruauté de l’homme est abordée de façon légère et humoristique. »
Danseur, chorégraphe et metteur en scène d’origine brésilienne, Duda Paiva vit et travaille aux Pays-Bas depuis 1996. L’originalité de son travail réside dans l’utilisation de personnages en mousse qui offrent un prolongement flexible à son propre corps. « Un enchantement pour les yeux, un véritable choc ! »
Théâtre ET marionnette
Au Studio Paul-Gérin-Lajoie d’Outremont le samedi 9 mars, 17h30 et 21h, Strict Minimum par le Théâtre à Bout Portant (Saguenay) est une création pour adultes de 13 ans et plus, alliant théâtre gestuel et marionnette, un spectacle solo qui dialogue entre la marionnette, le corps comme scénographie mouvante et la manipulatrice.
Une histoire simultanée se tisse racontant les points charnières de l’existence, de la naissance à la mort, d’un être mi-animal mi-humain. Les étapes cruciales, les passages importants et les épreuves à surmonter du protagoniste prennent d’assaut le corps de la manipulatrice. Fondé en 2008 par l’artiste multidisciplinaire Vicky Côté, le Théâtre à Bout Portant met à profit une approche physique et gestuelle à la croisée des disciplines, intégrant manipulation, danse et performance pour questionner.
Hugo & Schubert
Les vertus de la marionnette idéale & Ombre Claire par le Théâtre du Mouvement (France), à l’auditorium Paul-Gérin-Lajoie d’Outremont pour les 13 ans et plus le samedi 9 mars à 19h. La représentation se décline en deux volets. Une conférence où Claire Heggen témoigne de son cheminement, émaillé d’extraits joués ou projetés. Puis un spectacle, un premier aperçu de Ombre Claire, inspiré de l’histoire vraie de Claire Pradier (1826-1846), décédée à l’âge de vingt ans. Des poèmes de Victor Hugo et La jeune fille et la mort, de Franz Schubert, accompagnent Claire Heggen dans cette évocation.
Spectacle présenté aux 15 ans et plus à l’auditorium PGLO le dimanche 10 mars à 13h30, Le Fil blanc du Théâtre Incliné (Laval) place une mère et sa fille au milieu du champ de bataille, où la vie bat malgré l’horreur. Il y est question de la résistance ultime des femmes et d’un espoir de beauté retrouvée. Dans un monde qui a désespérément besoin de poésie.
Le Théâtre Incliné propose des oeuvres poétiques aux images fortes et percutantes, un théâtre où le spectateur assemble les morceaux, une expérience théâtrale qui vous habite longtemps après. Bon festival !
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