Le royal cadeau de John Kalbfleisch
La réouverture de la bibliothèque la veille, la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur le jour même étaient des rendez-vous symboliques tout à fait circonstanciels pour lancer ce livre projeté à l’occasion du centenaire de la ville.
Nombre de Monterois se sont présentés à la bibliothèque pour, tout d’abord recevoir une rose des mains du maire Philippe Roy à l’occasion de la journée du livre, puis pour féliciter John Kalbfleish, acheter son livre (48 exemplaires vendus en une soirée) et accessoirement partager une dégustations de vins et fromages.
En quelques mots, l’écrivain historien qui se présente d’abord comme un journaliste à la retraite (mais est-ce bien le cas?) a rappelé les grandes lignes de la création de Mont-Royal.
Véritable cité modèle, Mont-Royal est née d’une initiative du Canadian Northern Railway (maintenant partie du Canadien National), qui désirait établir une ville idéale au nord du mont Royal et rentabiliser par une opération immobilière le creusement du tunnel sous le mont Royal qui devait permettre une liaison ferroviaire directe entre Mont-Royal et le centre-ville de Montréal. Le premier train de passagers s’engagera sur ces rails le 21 octobre 1918.
Entrepris en 1910 sous la gouverne de Sir William Mackenzie et Sir Donald Mann, propriétaires du Canadien National, ainsi que de l’ingénieur en chef de la compagnie ferroviaire, M. Henry K. Wicksteed, le projet résidentiel de la Ville de Mont-Royal s’inspirait de celui de Washington aux États-Unis.
À ce jour, les aménagements urbains de Mont-Royal respectent toujours l’essence des plans originaux de l’architecte paysagiste Frederick Gage Todd.
John Kalbfleisch a d’ailleurs fait remarquer au conseil municipal présent au grand complet, et avec une certaine approbation du public, qu’il n’y avait aucune voie ou parc aux noms des deux initiateurs de la ville, Mackenzie et Mann, et qu’il serait bon d’y remédier.
Une bible d’histoire
« Faire un tel livre est une affaire complexe », estime John Kalbfleisch. « Le plus difficile est de faire des choix, entre les photos, les textes les anecdotes, la typographie, les traductions, la mise en page. À chaque étape il faut se questionner sur la pertinence de chaque décision, de ce qui se retrouvera ou pas dans le livre et donc dans la mémoire collective… »
« J’y travaillais depuis environ 15 mois. Je suis d’abord parti des procès-verbaux des conseils municipaux aux archives de Mont-Royal. On y trouve beaucoup de détails sur la vie de la ville. Mais ce sont très souvent des annotations très courtes, à partir desquelles j’ai fait des recherches complémentaires. »
Le lecteur apprendra que l’achat des terrains qui définiront le territoire de Mont-Royal a été négocié en à peine une journée. Le mandat achevait au bout de 24h et il fallait négocier au plus bas avec chaque fermier le plus rapidement possible afin d’éviter la surenchère des terrains.
« Quelques familles de Mont-Royal m’ont fourni du matériel, et beaucoup d’images et de photos. Il y a aussi une grande richesse de photos aux archives de la ville. J’ai fouillé un peu aussi aux Archives du Québec et aux Archives du Canada à Ottawa. Enfin, quelques journaux ont aussi été mis à contribution… » On notera l’utilisation de la Une de L’Express de Mont-Royal du 23 octobre 2003 à la page 200.
Le livre sera disponible au prix de 35$ au comptoir de service de l’hôtel de ville (90 Roosevelt) et au comptoir du Centre des loisirs dès le jeudi 25 avril, et à la bibliothèque (1967 Graham) dès le lundi 29 avril.