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Philippe Roy défend le statut bilingue de Mont-Royal

Joanny-Furtin Michel - TC Media
Philippe Roy, maire de Mont-Royal, accompagné d’Anthony Housefather, maire de Côte-Saint-Luc, est allé mardi matin à l’Assemblée nationale du Québec pour défendre le statut bilingue de Mont-Royal, mais aussi de 12 autres villes réunies sous la bannière de l’Association des Municipalités de Banlieue (AMB).

«Il n’y a que 83 municipalités et 3 arrondissements au Québec, sur un total de 1 178, qui sont reconnus comme bilingues sous la Charte de la langue française», affirme l’AMB. «Ce statut leur a été octroyé dans le cadre de la version originale de la Charte de la langue française adoptée il y a 35 ans par un gouvernement du Parti Québécois.»

Philippe Roy et son confrère sont intervenus pendant une heure ce mardi matin dès 11h15 pour défendre puis déposer un mémoire invitant le gouvernement péquiste à retirer de son projet de loi 14 les dispositions liées au maintien ou à la suppression du statut bilingue des villes et arrondissements concernés.

Ce mémoire spécifie que ces communautés considèrent que leur caractère bilingue est une partie importante de leur histoire, de leur réalité, et de leur patrimoine. «Nous nous y opposons, et nous voulons que ce soit les villes elles-mêmes qui décident.»

Le statut bilingue reconnait aux villes concernées le droit de communiquer avec sa population anglophone dans sa langue en plus de l’usage courant du français, la langue officielle du Québec. Ce statut permet donc l’affichage officiel, l’énoncé des résolutions du conseil, la langue au travail des fonctionnaires, la présentation des sites web municipaux et enfin de répondre dans les deux langues à la population.

« La population anglophone de Mont-Royal a beaucoup baissé depuis ces 25 dernières années», admet Philippe Roy. «Cette population dont l’anglais est la langue première, celle qu’on parle à la maison, représente entre 30% et 40% ».

Philippe Roy ne confirme toutefois pas de chiffres pour ce qui concerne la population unilingue anglophone à Mont-Royal qui avoisinerait les 10% selon Montréal en statistiques contre 77% de bilingues.

«Les enjeux sont importants», reprend le maire de Mont-Royal. «C’est d’abord une question de climat. Nous vivons une paix linguistique à Montréal et il n’y a pas de raisons pour lancer une nouvelle querelle. Les gens sont très satisfaits de ce statut.»

«C’est aussi une question historique. Mont-Royal a été bâtie essentiellement par la communauté anglophone. Cette contribution fait partie de l’ADN de la ville et nous souhaitons continuer à servir notre population dans les deux langues. Le Conseil municipal est composé des deux francophones Daniel Robert et moi-même, des deux anglophones John Miller et Erin Kennedy, et d’une Grecque, une Asiatique et un Libanais avec Melpa Kamateros, Minh-Diem Le Thi et Joseph Daoura. Les deux langues nous sont donc nécessaires pour travailler ensemble pour le bien des Monterois», insiste Philippe Roy.

Une approche qui permet de soutenir d’autres cultures, et d’autres connaissances et compétences. «Notre statut bilingue, c’est un plus pour tous les citoyens monterois, et ce n’est pas une perte pour les francophones de Mont-Royal.»

À titre anecdotique, on se rappellera aussi que le comté fédéral de Mont-Royal fut longtemps le fief politique de Pierre Eliott Trudeau, un premier ministre pour qui le bilinguisme d’un océan à l’autre était un atout pour le Canada.

Les municipalités s’unissent

Selon le communiqué de l’AMB, les changements proposés au statut bilingue dans le projet de loi 14 sont inacceptables et doivent être défaits. « Les municipalités et les arrondissements avec statut bilingue jouent un rôle important en permettant à leurs résidents d’expression anglaise de se sentir chez eux au Québec et aident le Québec à retenir une communauté qui a joué un rôle important dans le développement de cette province », a déclaré mardi matin Anthony Housefather, maire de Côte-Saint-Luc et Secrétaire de l’Association des municipalités de banlieue (AMB).

Les municipalités et arrondissements bilingues représentent 428 000 résidents. La grande majorité d’entre eux ont adopté une résolution s’opposant fortement aux dispositions du projet de loi n°14 et demandant le maintien de leur statut bilingue.

La loi actuelle prévoit que c’est le Conseil d’une municipalité ou d’un arrondissement qui doit adopter une résolution demandant le retrait de son statut bilingue, alors que le projet de loi n°14 remettrait ce pouvoir entre les mains de l’OQLF et du Gouvernement du Québec.

Anthony Housefather a souligné qu’il était inacceptable pour les Conseils et les résidents de ces municipalités d’être privés de leurs droits fondamentaux et historiques contre leur gré. Il ajouta que certaines parties du projet de loi n°14 traitant du statut bilingue ont été dénoncées par pratiquement tous les acteurs de la sphère municipale incluant l’UMQ, qui présentait aussi un mémoire, ainsi que les maires de Montréal, Longueuil et Laval.

Concluant la présentation, le maire Roy a déclaré que les municipalités membres de l’Association sont d’avis que « l’adoption des amendements proposés aurait un impact négatif et ne servirait qu’à diviser les Québécois et à créer des tensions linguistiques. »

À propos de l’AMB

L’AMB représente 15 municipalités sur l’île de Montréal, avec une population totale approximative de 242 600 citoyens : Dollard-des-Ormeaux, Côte-Saint-Luc, Pointe-Claire, Kirkland, Westmount, Beaconsfield, Mont-Royal, Dorval, Hampstead, Montréal-Ouest, Sainte-Anne-de-Bellevue, Baie-d’Urfé, Montréal-Est, Senneville et l’île de Dorval.

13 municipalités de l’AMB ont un statut bilingue, tout comme 73 autres municipalités et arrondissements situés dans différentes régions du Québec. On les retrouve sur la Rive-Sud de Montréal, la Rive-Nord où l’on retrouve Laval ainsi que dans les Cantons-de-l’Est, la Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine, la Rive-Nord du Saint-Laurent, les Laurentides et l’Outaouais.

Une copie du mémoire de l’AMB est disponible au www.cotesaintluc.org

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