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La grâce expressive de Louise Lecavalier au Théâtre Outremont

Joanny-Furtin Michel - TC Media
Honorée en novembre dernier du premier Prix de la danse de Montréal, Louise Lecavalier sera sur la scène du Théâtre Outremont dans quelques jours. Rencontre.

Louise Lecavalier y présentera un double programme de duos, dont Children, du chorégraphe Nigel Charnock, l’enfant terrible de la danse britannique, qui explore sur un mode ludique le paradis et l’enfer d’un couple interprété par Louise Lecavalier et Patrick Lamothe. Puis, avec Keir Knight et la participation de Patrick Lamothe, Louise Lecavalier dansera A Few Minutes of Lock, trois anciens duos revisités, où elle renoue avec l’univers d’Édouard Lock, histoire de voir, par défi, par curiosité, «ce dont le corps se souvient»…

Née à Montréal, Louise Lecavalier est danseuse professionnelle depuis 1977. Elle s’associe à La La La Human Steps, la compagnie de danse d’Édouard Lock, au début des années 1980. Elle a fait partie de toutes les distributions de la compagnie de 1981 à 1999.

En 1985, elle a été la première Canadienne à remporter un prix Bessie à New York. Personnalité chorégraphique 2010-2011 » à Paris, elle a été la première lauréate des tout nouveaux Prix de la danse de Montréal, en novembre dernier.

Louise Lecavalier et son Fou Glorieux

«J’ai quitté La La La Human Steps après une blessure qui m’a éloignée de la scène quelque temps, raconte Louise Lecavalier. Je ne trouvais plus ma place dans une compagnie qui devenait de plus en plus massive, où les gens se croisent de moins en moins entre les techniciens, les administrateurs, les danseurs, etc. Je voulais danser d’une autre façon et retrouver cet esprit de troupe où tous participent à la création. Ma compagnie, Fou Glorieux, existe depuis 2006. La tournée de ce spectacle fonctionne très bien.»

«Fou Glorieux est une structure de travail et de production flexible qui me permet de rester le plus libre en termes de gestion et de création, poursuit-elle. Cela me permet de participer à d’autres productions comme pour chacun de nos partenaires réguliers. Cela permet aussi d’enrichir la proposition artistique.»

Parlons-nous d’un spectacle intimiste? «Oui et non, les chorégraphies présentées à Outremont sont extraites d’autres spectacles de danse, qui ne se satisfont pas de grandes salles de spectacles, notamment les trois segments liés de la seconde œuvre présentée.»

L’art d’écrire… la danse

Pour Louise Lecavalier, la chorégraphie vient parfois de la musique, d’autres fois du mouvement? «La musique change la perception de la danse, c’est sûr, sourit la chorégraphe. J’aime trouver une danse, et parfois c’est une rythmique qui s’impose. Il faut alors laisser la chorégraphie s’improviser, dire ce qu’elle a dire; la laisser faire son travail chorégraphique. Je reste toujours sensible à la musicalité du mouvement et, certaines fois, le silence est une musique pour la chorégraphie.»

Mais la démarche d’écriture et de création d’un chorégraphe à l’autre peut être très différente, reprend Louise Lecavalier. «Par exemple, Nigel Charnock cherchait et trouvait devant nous chacun de ses mouvements. Nous avons ainsi travaillé de six à huit semaines en sa compagnie pour le bâtir avec lui. Il a fallu beaucoup de travail pour trouver mon interprétation. Ce spectacle, Children, Patrick et moi nous le sommes appropriés au cours de sa création.»

«Certains chorégraphes laissent aller l’improvisation qu’ils incorporent à la gestuelle, constate Louise Lecavalier. Édouard Lock, non! Il part des deux personnes et « graphie », littéralement, pas à pas, comme un sculpteur, dans l’espace le mouvement du danseur. Or, très curieusement, je me suis toujours sentie très libre malgré sa précision…»

«Children» et «A Few Minutes of Lock»: vendredi 20 janvier et samedi 21 janvier, à 20h, au Théâtre Outremont (1248, avenue Bernard Ouest). Billetterie: 514 495-9944.

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