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Rien à dire

Il y avait longtemps que je n’avais pas vu le mur. Vient toujours un temps où le chroniqueur n’a rien à raconter. Le néant. Rien. Ou trop, mais c’est comme pareil.

La plupart des chroniqueurs ont leurs trucs. : y’a celui qui parle de ses chats, y’a l’autre qui cause de musulmans, d’immigration, ou de gauchistes. Et y’a aussi celui qui voit des communistes partout. Ah ces gens-là. Comme Brel chantait…

Fut un temps où, quand je n’avais rien à dire, je parlais de François Avard. Mais là, je n’ai aucune nouvelle fraîche de François.

Je sais qu’il est papa et qu’il aime beaucoup ça. Je sais ça parce que la dernière fois que j’ai écrit sur lui, sa mère, qui a programmé une alerte sur son ordi au nom de son fiston (bonjour maman Avard!), lui a dit que j’avais écrit sur lui et il m’a passé un coup de fil. C’était sympa. Vraiment.

Depuis, rien. Je googleson nom et c’est juste des vieilles affaires. Je pense qu’il vit en paix, qu’il continue d’écrire pour ses amis, qu’il s’est construit une certaine invisibilité dont je suis certain qu’il jouit ardemment.

Enfin. Comme je n’ai rien à dire et que François ne m’est d’aucune aide aujourd’hui, je suis allé fouiller dans mon pense bête.

Je garde toujours des petits textes, des idées, des bouts d’opinions, des trucs, comme ça, qui pourraient me servir le jour où je n’aurais rien à dire.

Cette semaine, avant d’en arriver à mes petites notes, j’ai d’abord eu envie de vous faire ma revue de l’année. Comme je l’ai prévue pour la semaine prochaine, je me serais un peu tiré dans le pied en ne faisant que repousser mon problème.

J’ai aussi pensé vous proposer un conte du temps des fêtes. Là, je n’omets pas d’écrire « Noël » par peur de me faire slugger, mais parce que je n’ai pas vraiment envie de faire un conte de Noël, ni un conte du Jour de l’an, mais un conte du « spa ». Heu, « spa », pas dans ce sens de la place où on va se faire masser et dorloter, mais « spa » dans ce sens de « spa Noël spa l’Jour de l’an, c’est entre les deux ».

Oui, il y a un autre sens à l’expression « spa », mais je ne l’écrirai pas ici, vous diriez de moi que je suis vulgaire!

Un conte du temps des fêtes, donc. D’ailleurs, tant que j’y pense, paraît que toute cette histoire de ne pas pouvoir dire « Noël » ne vient pas du tout d’intégristes ou d’immigrants frustrés, mais de quelques fonctionnaires bien québ, bien blancs et bien frileux qui ont eu peur. Peur de quoi, je ne sais pas. Sauf qu’il paraît aussi que ça aurait été monté en mayonnaise, cette histoire de « pas de Noël », justement pour préparer le terrain à une campagne de « on en veut pas chez-nous », la prochaine fois qu’il y aurait une fête qui ne serait pas chrétienne et que tous les frénétiques puissent librement casser de l’étranger.

Le bruit et l’odeur, a déjà dit Chirac, en France : http://www.youtube.com/watch?feature=endscreen&NR=1&v=eERFYd1DuDE. Et dont Zebda a fait une toune que voici : http://www.youtube.com/watch?v=kGo6GEEQ8hg

Enfin. J’aurais quand même pu publier mon conte du temps des fêtes aujourd’hui, tant qu’à n’avoir rien à dire, mais je ne le fais pas parce qu’il n’est simplement pas du tout prêt.

Il le sera le 27.

Bon, je m’embrouille… Qu’est-ce que je disais?

Ah oui : rien à dire.

Pourtant, j’écris beaucoup, ces temps-ci. Je devrais avoir la tête pleine de toutes sortes de choses à vous raconter! Mais non. J’écris un roman (je ne sais pas quand il va paraître) et aussi deux textes qui feront partie d’un roman collectif à paraître, lui, en mai. Je travaille sur un autre texte très court qui doit paraître dans un autre collectif, je ne sais pas quand, mais il faut que je le livre avant les fêtes. Avant Noël, bref. Parce que les fêtes, ça commence à Noël. Et ça fini aux Rois.

J’aime bien la galette des Rois… même si je ne pogne jamais la bine.

J’aime Noël aussi, mais pas à cause du ti-Jésus. Rien à foutre. Oui, bon, d’accord. Il est né dans une grange en plein hiver et je devrais éprouver un peu d’empathie, mais ça ne me fait pas un pli particulier : il n’est certainement pas le premier, ni le dernier à naître pauvre. Et tous les autres qui naissent dans le caca, et on ne leur fait pas tout ce tintouin 2000 ans plus tard.

Vous me direz que c’est un symbole. Dites-le.

J’aime Noël pour la bouffe. Et aussi pour le party, la famille…

J’aime le Jour de l’an aussi, mais là c’est pour l’alcool et les becs.

Je disais donc.

Qu’est-ce que je disais, donc?

Ah oui! Je disais que je gardais toujours des petits fichiers avec des notes dedans pour quand je n’aurais rien à dire. Sauf que là, je me rends compte que j’ai réussi à écrire plus que mes 800 mots habituels sans y recourir.

Ce sera pour une prochaine fois.

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