Le CLD local menacé
Les 120 CLD du Québec, cette structure responsable du soutien aux entreprises, sont appelés à disparaître, tel que l’a annoncé le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, le 22 octobre. Une partie des coûts sauvés seraient redirigés vers les municipalités, selon les premières informations reçues.
Déjà, en début d’année, les CLD avaient vu leur budget être amputé de 10%, mais le gouvernement, qui veut atteindre le déficit zéro au cours de la prochaine année, ne s’arrêtera visiblement pas là. «Ce que nous souhaitons, c’est de faire en sorte que le développement économique régional soit fait dans les régions, par les régions, pour les régions, avec les élus municipaux des régions, sur la base de gens qui sont imputables. Les municipalités régionales de comté (MRC) savent où les efforts doivent être faits, parce qu’elles sont des acteurs locaux et régionaux», a déclaré le ministre Moreau, à l’Assemblée nationale, la semaine dernière.
Inquiétude
Le directeur général du CLD Les 3 monts, Guy Bazinet, s’inquiète des conséquences possibles de cette décision. «Je ne crois pas que ce soit nécessaire de mettre la hache dans une structure qui a déjà fait ses preuves», mentionne-t-il d’emblée à L’Express.
Selon le directeur du CLD qui couvre Mont-Royal, Outremont et Westmount, les structures comme la sienne sont d’une grande utilité, surtout pour les nouveaux entrepreneurs qui ont besoin d’aide pour faciliter le démarrage ou l’essor de leur projet d’affaires. «Dans nos secteurs, on est très actifs et les gens reconnaissent notre travail, exprime-t-il. C’est un privilège de pouvoir participer à l’essor économique des arrondissements et villes dans lesquels on œuvre. Je ne crois pas que le gouvernement voit juste en voulant ramener cela au municipal. Le sentiment de proximité qu’ont les entrepreneurs avec nous ne serait plus possible.»
Le président de l’Association des Centres locaux de développement du Québec (ACLDQ), Yves Maurais, appuie les dires de M. Bazinet. «C’est évident que l’énergie déployée par les 3000 bénévoles, le milieu des affaires et les autres partenaires au sein des CLD ne pourrait donner les mêmes résultats dans une structure municipale», insiste M. Maurais.
Selon le président de l’ACLDQ, les agents qui travaillent sur le terrain connaissent plus que n’importe qui les réalités locales. «Ils sont de précieux alliés du développement économique et il serait périlleux de s’en priver par souci d’économie d’échelles», soutient-il.
Rappelons qu’annuellement, les 120 CLD répondent à 30 000 demandes d’aide. L’accompagnement des entrepreneurs par les CLD prend diverses formes: 80% du travail des professionnels des CLD est au niveau de l’accompagnement technique et 20%, à l’accompagnement financier.
Nécessaire, selon le maire
Interrogé à ce sujet, le maire de Mont-Royal, Philippe Roy, a affirmé espérer que le gouvernement révise sa position.
«Pour nous, le CLD est une ressource nécessaire, défend-il. Tout fonctionne très bien et nous n’avons que du positif à dire de leur travail sur le territoire. Ils ont tout notre appui et j’espère que leur point de vue sera entendu par le gouvernement.»