Les finissants
Avec la fin de l’hiver, on pourrait croire que les finissants de l’école Paul-Gérin-Lajoie-d’Outremont salivent déjà à l’idée de commencer le CÉGEP. Après-tout, cinq ans de secondaire c’est long, n’est-ce pas ? Bof, nous répond l’un d’entre eux, « j’avoue qu’en ce moment c’est un peu le contraire ».
Ayant passé les dernières semaines à se choisir un programme d’étude postsecondaire, ils ont plutôt tendance à s’ancrer dans le présent. « Et puis c’est réconfortant de savoir que tout n’est pas encore terminé ».
Nostalgiques, nos jeunes ? « C’est sûr… même si c’est surtout par anticipation », en ajoute un autre. « On n’a pas encore vraiment terminé cette aventure-là que déjà on commence à s’ennuyer ».
« En plus, ils nous reste un gros moment à passer tous ensemble », me relance-t-on en faisant référence au bal des finissants. C’est vrai que depuis quelque temps, on les entend beaucoup parler de cavaliers, de robes et de limousines : « Les rumeurs courent vite, tout le monde essaye de savoir qui invite qui ; qui dit oui et qui dit non. » On se rend rapidement compte que certaines rumeurs vont plus vite que d’autre : « À croire que certaines [rumeurs] ont pris un taxi », plaisante l’une de nos futur-graduées.
Les petites choses…
Au final, tous semblent s’entendre sur une chose : ça va un peu brailler à la fin. Pas de consensus cependant sur ce qui va déclencher « ces petites larmes semi-amères. »
Pour certains, ce sera le souvenir de toutes les premières qu’ils ont vécus : les premiers french, les premiers partys, mais aussi « les premiers retards, les premières mauvaises excuses pour être en retard, les premières blagues qui tombent à plat, les première blagues qui font rire toute la classe, les premières présentations orales dans-un-anglais-approximatif qui rendaient nerveux… » Pour d’autres, ce sera probablement plus anodin.
« Les petites choses, au fond… même celles qu’on aurait d’abord voulu oublier; les je t’aime mal placés, les chicanes superficielles, les becs sur la joue en-attendant-mieux…
– En même temps, c’est dur de prévoir comment notre mémoire va entretenir ces souvenirs-là. »
…et celles apprises
À coup d’expériences, ils ont évidement appris certaines choses au sujet de la vie. La leur, mais aussi celles des autres. « J’ai appris c’était quoi vraiment aimer quelqu’un, c’est-à-dire quelqu’un du sexe opposé, t’sais? Une fille qui avait son casier à côté du local de musique, je trippais tellement dessus que je faisais toujours exprès de passer par là, même si j’étais aucunement en option musique » me confie-t-on.
Un autre jeune ajoute également qu’il va y avoir une part de regret, notamment en repensant à ceux qui ne l’ont pas eu facile. Ceux qui se faisaient rentrer dedans pour rien, celles qui devaient repêcher leur boîte à lunch dans la toilette des filles le midi. « Au final, j’aurais peut-être dû agir… leur dire quelque chose au moins…
– Le secondaire, t’sais, c’est comme des montagnes-russes. Ça donne mal au cœur mais ça peut être vraiment le fun, pis excitant aussi… j’espère juste que le cégep va être moins difficile pour ceux qui ont trop souvent vomis en plein milieu d’la ride. »
Petits conseils pour la prochaine génération
Pour terminer, quelques petits conseils de nos jeunes à ceux qui entameront le secondaire en septembre prochain :
– « Assures-toi de pas oublier ton code de cadenas. Tu ne veux pas être celui qui fait venir le concierge pour ça à ton premier jour ».
– « En secondaire 3, quand tu vas avoir ta phase je deviens une femme, écoute ta sœur si elle te dit que tu mets trop de mascara ».
– « Profites VRAIMENT de ton cours de math de secondaire 1. Rendu à l’algèbre, tu vas réellement t’en ennuyer…sauf si t’aime l’algèbre, évidement ».
(Texte de Francis Baumans, Intervenant, pour l’équipe de la Maison des Jeunes d’Outremont)