Un prof de l’UdeM à la tête de la lutte mondiale contre la démence
Un professeur de l’Université de Montréal, Dr Yves Joanette, a été élu à la tête du Conseil mondial de lutte contre la démence (World Dementia Council) afin de coordonner les efforts de 93 pays pour combattre cette déficience cognitive qui croît de manière exponentielle, de concert avec le vieillissement de la population.
«À long terme, nous voulons trouver des moyens d’arrêter la démence dès le départ, bien avant le début des premiers symptômes, qui apparaissent 20 à 25 ans après l’émergence de la maladie. On doit accélérer le tempo de la recherche,» soutient Dr Joanette.
Comme ces découvertes ne se feront pas du jour au lendemain, les chercheurs espèrent trouver bientôt des manières de ralentir la maladie et d’accroître le potentiel du cerveau à la combattre.
«On sait déjà que le fait de remuer ses méninges, par exemple en apprenant une langue seconde, peut retarder de deux ou trois ans la maladie d’Alzheimer. On doit diffuser ces informations au public», ajoute celui qui est aussi directeur scientifique des Instituts de recherche en santé du Canada.
D’ici 2025, le Conseil souhaite accélérer le développement et la commercialisation de médicaments et de traitements pour les personnes atteintes de démence, et partager les meilleures pratiques des milieux de la santé entre tous les pays.
Des chiffres accablants
En mars 2015, Dre Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé, a qualifié la démence de «raz de marée qui s’apprête à submerger le monde.» Elle considère que cette maladie est celle où les besoins en recherche et en innovations sont les plus grands.
Au Canada, entre 6 à 15% des personnes de plus de 65 ans vivent avec la maladie d’Alzheimer ou une autre forme de démence. Dans le monde, leur nombre atteindrait 47,5 millions.
Ce nombre est amené à presque tripler d’ici 2050, alors qu’on estime que 135 millions d’individus seront touchés. «Actuellement, la démence représente un coût social de près de 1000 milliards de $. Ça correspond à l’économie de la Turquie, la 18e en importance au monde», explique Dr Joanette.
Le Dr Joanette contribue depuis plusieurs années aux efforts de recherche sur la démence au Canada et à l’international. Il codirige actuellement la Stratégie de recherche sur la démence des IRSC.
Symptômes de la démence
La démence n’est pas une maladie spécifique, mais plutôt une condition désignant un déclin de la mémoire ou des aptitudes mentales assez grave pour interférer avec la vie quotidienne. La forme la plus répandue est la maladie d’Alzheimer.
Pour pouvoir parler de démence, au moins deux des fonctions mentales essentielles suivantes doivent être sérieusement affectées, soit la mémoire, la communication, la capacité de concentration, le raisonnement et la perception visuelle.