Pointe-aux-Trembles & Montréal-Est
15:58 7 avril 2020 | mise à jour le: 7 avril 2020 à 15:58 temps de lecture: 4 minutes

Rejoindre la jeunesse confinée : un défi pour les organismes

Rejoindre la jeunesse confinée : un défi pour les organismes
Pour rejoindre les jeunes confinés à cause de la pandémie de coronavirus, les organismes utilisent les réseaux sociaux.

Pas facile pour la jeunesse d’allier vie quotidienne et confinement. Les organismes locaux comme la maison des jeunes de Pointe-aux-Trembles et les Scouts de la Pointe-de-l’Île, redoublent d’inventivité pour apaiser l’ennui des jeunes pendant cette épidémie de coronavirus.

Il y a à peine quelques semaines, Nayeli Chavez, 17 ans, avait une semaine bien chargée. « En plus des cours, j’allais au basket, au futsal, au flag-football, aux cadets et je travaillais en fin de semaine », explique-t-elle. Tout cela en plus d’aller « chiller » avec les amis deux à trois fois par semaine » à la Maison des jeunes (MDJ) de Pointe-aux-Trembles.

Comme pour beaucoup de jeunes, le quotidien de Nayeli, a beaucoup changé avec l’arrivée du nouveau coronavirus et des mesures de confinement. « Ça a été un choc de ne plus pouvoir voir les amis », remarque-t-elle.

Pour pallier le manque, la MDJ a créé plusieurs rendez-vous hebdomadaires sur le web pour garder un lien entre elle et les jeunes qui la fréquentent.

« La Maison des jeunes propose des jeux de société en ligne, des sessions de sport en live, des films à visionner… », explique Nayeli, qui y participe en plus de ses occupations à la maison, comme la lecture ou encore le dessin.

Pour organiser ces rendez-vous hebdomadaires, la MDJ est présente sur les réseaux sociaux comme Snapchat, Instagram ou encore Facebook.

« On avait l’habitude de ces réseaux-là pour rejoindre les jeunes », explique Mike Fortune, intervenant. Pour tenter d’attirer un maximum de jeunes, l’intervenant précise qu’un défi à points est mis en place. « À chaque participation à une activité, les jeunes cumulent des points, celui qui en aura le plus aura une carte cadeau. »

Outre le divertissement, les plateformes sont utilisées pour diffuser des messages de santé publique, des renseignements pratiques et des numéros d’urgence. « On reste à l’écoute, on est des médiateurs entre les parents et les jeunes et on reste disponible si un jeune veut nous parler d’une situation problématique chez lui », informe M. Fortune.

L’intervenant pense « que la crise a réveillé le côté humain des jeunes ». Selon lui, il sera le temps de les sensibiliser à donner au suivant en faisant la promotion du bénévolat. « Maintenant qu’ils ont eu leur lot de jeux vidéo et d’internet, c’est le bon moment ! », sourit-il.

« Continuer de faire rouler le groupe »

Bien connus pour leur débrouillardise, les 80 scouts de la Pointe-de-l’Île et leurs 20 animateurs s’adaptent aussi à la situation « pour continuer de faire rouler le groupe », explique Martin Bédard, chef du 266e Groupe scout de la Pointe-de-l’île.

Là aussi, Internet prend tout son sens. Les dirigeants des scouts ont décidé de mettre en place une visioconférence « aux deux semaines » pour garder le lien, car « les jeunes sont habitués à se voir chaque semaine ».

Lors de ces rencontres, les louveteaux peuvent faire des présentations, « des gibiers », en vue de gagner de nouveaux insignes validant leurs compétences.

Aussi, par courriel aux parents et selon les groupes, les animateurs envoient des tutoriels vidéo tournés spécialement par les animateurs, afin de satisfaire cette frange de jeunes habitués aux loisirs en extérieur.

« Pour les plus grands, on a envoyé des tutoriels vidéo sur comment utiliser le feu pour la cuisson, manier une hache, fabriquer un lit entre deux arbres à l’aide d’un corde tressée », note M. Bédard. Le chef scout note toutefois que tous les membres n’ont pas forcément internet ou une cour extérieure pour faire ces activités.

L’équipe d’animateurs poste aussi régulièrement sur la page Facebook de l’organisme des vidéos piochées sur le web, des nouvelles, des petits mots de solidarité ou encore des informations de santé publique pour faire vivre la communauté et l’informer au mieux.

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