Pointe-aux-Trembles & Montréal-Est
05:00 22 avril 2021 | mise à jour le: 22 avril 2021 à 07:16 temps de lecture: 4 minutes

Anciens terrains de Shell: la décontamination avance à petits pas

Anciens terrains de Shell: la décontamination avance à petits pas
Photo: Evgenii Emelianov/123RFIl resterait moins de 10% des anciens terrains appartenant anciennement à Shell à décontaminer.

Onze ans après la fermeture de la raffinerie Shell à Montréal-Est, les sols qu’elle occupait sont encore partiellement contaminés. Les derniers milles de cette réhabilitation sont ardus pour Groupe C. Laganière, mais le développement prochain d’infrastructures d’aqueduc et la relance économique verte attendue dans l’Est apportent l’espoir de mener le tout à terme.

Lorsqu’il a été acquis en 2017 par Groupe C. Laganière, le terrain de 10 millions de pieds carrés de Shell était déjà en processus de décontamination depuis plus de cinq ans. À l’époque, Groupe C. Laganière, affirmait à La Presse que 10 % du terrain restait à décontaminer. On prévoyait alors terminer la décontamination pour 2018.

Un peu plus de trois ans plus tard, l’objectif n’est pas encore atteint. Si la décontamination a continué d’avancer et est maintenant «sous la barre du 10%», le processus n’est pas simple, explique Valérie Laganière, directrice des communications et du développement des affaires de cette entreprise située à Montréal-Est.

«Ça ne se passe pas aussi vite qu’on voudrait […]. Le plus gros défi c’est l’infrastructure, notamment le collecteur au niveau des eaux usées. Tout ça doit être mis en place avant.»

Les démarches peuvent également être de longue haleine, car les décisions impliquent de nombreuses parties prenantes et de grosses sommes d’argent. «Ce ne sont pas des choses qui se décident sur un coin de table. On veut penser le quadrilatère de façon durable.»

Infrastructures

Mme Laganière entrevoit cependant que le développement des infrastructures d’aqueduc et d’égout dans le secteur, prévu d’ici quelques années, changera la donne.

En effet, la Ville de Montréal indique qu’elle prévoit «construire la troisième et dernière phase d’un égout séparatif, afin de desservir des terrains industriels privés de l’arrondissement d’Anjou et de la ville de Montréal-Est, et ainsi permettre le développement de ces terrains.»

On prévoit que les travaux s’échelonneront sur une période de deux ans, mais les dates d’appel d’offres ne sont pas encore officielles.

C’est une bonne nouvelle pour Groupe C. Laganière, qui ne s’avance toutefois pas à donner une date sur la fin du processus de décontamination. «Tant que l’infrastructure n’est pas en place, il n’y a pas urgence de décontaminer pour redévelopper.»

Lentement, mais sûrement

Aujourd’hui, le maire de Montréal-Est, Robert Coutu, estime qu’il reste environ 20 millions de pieds carrés de sol contaminé dans sa ville, dont environ la moitié appartenait jadis à Esso Imperial.

Le maire rappelle qu’Esso Imperial, qui a fermé ses portes dans les années 1980, n’est pas assujettie à la loi provinciale de 2003, qui oblige plusieurs pollueurs de décontaminer leurs sols. «La décontamination de Shell, c’est un bel accomplissement. Il faut qu’Esso s’en inspire, les autres aussi […]. Ça doit être la responsabilité du pollueur payeur.»

S’il compare la décontamination dans l’Est à «un bateau de croisière qui ne bouge pas vite», le tout devrait, inévitablement, s’accélérer avec l’effervescence que connaît ce secteur de Montréal, croit M. Coutu.

Avec la venue prochaine du REM de l’Est, du développement de zones d’innovation ou des zones d’emploi, il assure que les intérêts d’investissement pour le secteur se font déjà sentir. Le maire entrevoit même, d’ici 5 à 10 ans, que 10 millions de pieds carrés soient décontaminés sur son territoire.

Insistant également sur l’importance que le REM arrive «le plus vite possible» pour accélérer ce développement, Mme Laganière se réjouit de voir une volonté politique au rendez-vous pour revitaliser l’Est. C’est un changement de mentalité qu’elle observe aussi chez les entreprises industrielles du secteur.

«Ce sont des entreprises qui ont toutes vécu le passé industriel très lourd de l’Est. Elles croient vraiment aux principes du développement durable et voient vraiment la transition vers les technologies vertes, les avantages qui sont là.»

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