Pointe-aux-Trembles & Montréal-Est

La transition au secondaire: un défi supplémentaire en pandémie

Les agents profitent de l’été pour donner un coup de main au camp de volleyball du Relais du bout. Photo: Coralie Hodgson/Métro Média

Depuis une décennie, David Branco et Annie Gignac travaillent à adoucir la transition des élèves du primaire au secondaire. À quelques semaines d’une autre rentrée en contexte de pandémie, les deux intervenants envisagent des défis bien particuliers.

Se retrouver dans une grande école, savoir comme utiliser son cadenas, changer d’enseignant ou se faire des amis, l’arrivée au secondaire peut être stressante pour bien des jeunes.

Heureusement, deux agents de transition école-famille-communauté œuvrent à adoucir ce passage depuis 10 ans à Pointe-aux-Trembles. «C’est une étape anxiogène pour ces jeunes-là et pour leurs parents. On est en mesure d’en parler, de dédramatiser », explique David Branco.

Dès l’hiver, les agents animent des ateliers dans des classes de 6e année afin de réduire l’anxiété des élèves face au secondaire. À l’automne suivant, les agents font le saut de niveau avec les élèves. David Branco est en poste à l’école secondaire Daniel-Johnson et Annie Gignac à l’école secondaire de la Pointe-aux-Trembles (ESPAT).

À l’aide d’interventions ciblées, ils aident les jeunes à s’adapter, à s’inscrire à des activités, ou agissent comme courroie de transmission avec des professionnels du milieu scolaire ou communautaire. «Les élèves plus vulnérables, on les connaît déjà. Ceux qui sont plus sur les nerfs, on va pouvoir les aider », soutient M. Branco.

De nombreux défis

Cette année, les agents craignent que les impacts de la pandémie s’ajoutent au stress traditionnel du passage au secondaire.

« L’anxiété, on ne se la cachera pas, est au maximum.»

Annie Gignac, agente de transition école-famille-communauté

Si le stress de performance scolaire et la démotivation ont été plus observables chez les jeunes de secondaire trois à cinq, Mme Gignac soutient que l’anxiété face au virus a malmené des élèves de tout âge.

« On ne pouvait pas prendre beaucoup de temps de classe pour offrir [aux élèves de 6e années] des animations sur le stress et l’anxiété, car les professeurs manquaient de temps pour enseigner. C’est sûr que cette année, on va en subir les contrecoups».

Par ailleurs, les deux collègues entrevoient déjà devoir composer avec des comportements difficiles de jeunes, dont les parents ont été plus permissifs en pandémie.

Bien qu’au moment d’écrire ces lignes, les détails du plan du ministère de l’Éducation pour la rentrée se font toujours attendre, la perspective d’une reprise des activités sportives et parascolaires apparaît comme une planche de salut pour les deux agents.

Une chose est sûre: les jeunes ne veulent surtout pas revivre une année comme ils ont vécu, sans activité parascolaire et sportive.

Un programme qui a fait ses preuves

Les postes d’agents de transition-école-famille-communauté ont été mis sur pied par la Corporation de développement communautaire (CDC) de la Pointe – région Est de Montréal y a 10 ans, conjointement avec l’ancienne Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPI) et le soutien de Réseau réussite Montréal.

Dans un rapport d’Évalécole publié en 2016, les auteurs concluent que le programme a eu des effets positifs observables au moment de la rentrée au secondaire en ce qui a trait à la perception du climat de classe entre les élèves, les relations avec les pairs, l’isolement social, l’attrait de l’école, l’utilité perçue de l’école, l’indiscipline scolaire et rendement scolaire autorévélé.

Même deux ans après avoir bénéficié du programme à l’école Daniel-Johnson, Victoria Martel se souvient toujours de ses effets positifs. «Avoir un point de repère quand tu ne sais pas où te retrouver, ça t’aide beaucoup. [L’agent]a vu ton cheminement, il sait ce que tu as vécu. Et tu sais que même si tu es en secondaire cinq, tu peux aller le voir ».

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