Pointe-aux-Trembles & Montréal-Est

«Familicide» à PAT: le Bureau du coroner ordonne une enquête publique

Dahia Khellaf et ses enfants avaient été retrouvé morts le 11 décembre 2019. Photo: Elena Broch/Archives Métro Média

Les meurtres de Dahia Khellaf et de ses deux enfants, survenus en décembre 2019, à Pointe-aux-Trembles, seront soumis à une enquête publique commandée par le Bureau du coroner.

Dahia Khellaf et ses enfants avaient été retrouvés morts à leur domicile le 11 décembre 2019 par des policiers qui venaient annoncer à la femme la mort de son ex-conjoint, Nabil Yssaad, retrouvé mort par défenestration à Saint-Charles-Borromée.

Dans un rapport d’une vingtaine de pages sur ces quatre décès qui a été rendu public récemment, le coroner Alain Manseau conclut que le meurtre de Mme Khellaf constitue un «féminicide dans un contexte de violence conjugale». «[L]’auteur probable de ce familicide», M. Yssaad, aurait vraisemblablement tué les trois victimes par strangulation, dans leur sommeil.

Le rapport du coroner Manseau contient également 32 recommandations visant plusieurs organisations, notamment le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) du Québec, le Collège des médecins et le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

«Cette femme a fait confiance à un médecin, aux policiers, à un intervenant, à un thérapeute, à des procureurs, à un civiliste et à des juges pour la protéger et la sortir du cycle de la violence conjugale, mais… c’est toute la société qui a échoué à protéger cette femme et sa famille», écrit le coroner.

«Ce n’est point la faute des intervenants, car le système n’est pas fait pour empêcher une telle tragédie», ajoute-t-il.

Des faits nouveaux

Or, «des faits nouveaux ont été portés à l’attention du Bureau du coroner qui font en sorte que la coroner en chef», Me Pascale Descary, commande aujourd’hui une enquête publique dans le dossier, apprend-on dans un communiqué du Bureau du coroner diffusé le 20 juillet.

Cette enquête publique permettra d’entendre des témoins «afin d’établir les circonstances des quatre décès avec la plus grande exactitude possible».

«Certains éléments, notamment factuels, pourraient être analysés et exposés différemment par le coroner dans le cadre de son rapport d’enquête qui sera émis à la suite des audiences publiques», lit-on par ailleurs dans une note du Bureau du coroner.

Le DPCP, visé par 12 des 32 recommandations du coroner, a pour sa part dénoncé par voie de communiqué que certains constats de M. Manseau «reposent sur des erreurs factuelles et juridiques» ainsi que sur une «compréhension erronée» de ses directives et du cadre légal auquel il est soumis.

Parmi ses doléances, le DPCP dénonce la suggestion voulant qu’il aurait dû avoir recours au bracelet anti-rapprochement, «alors que cette technologie n’était pas accessible aux intervenants du système judiciaire à l’époque des événements, son déploiement ayant débuté en juin dernier».

Dans un courriel, Jake Lamotta Granato, porte-parole au Bureau du coroner, précise que la décision de tenir des audiences publiques a été prise «après avoir pris connaissance des observations de certains intervenants, incluant celles émises par le DPCP».

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