Feu vert à la ligne 9B d’Enbridge
« C’est une très bonne nouvelle que nous accueillons avec beaucoup de réjouissance, explique Dimitri Tsingakis, directeur général de l’Association industrielle de l’est de Montréal (AIEM). Ce projet va assurer le maintien de l’industrie pétrochimique et de raffinage qui a été fragile pendant les dernières années. » (lisez aussi: Renversement de la ligne 9 : les environnementalistes sonnent l’alarme)
Le projet qui vise à inverser un tronçon de 639 kilomètres de la canalisation 9 entre North Westover, en Ontario, et Montréal, est la seconde et dernière phase de l’initiative d’accès aux raffineries de l’est du Canada d’Enbridge.
La compagnie propose d’augmenter sa capacité de 240 000 à 300 000 barils par jour pour alimenter deux raffineries au Québec, celle de Suncor Énergie, à Pointe-aux-Trembles, et celle de Valero (Ultramar), à Lévis.
Chez Suncor, l’idée d’avoir accès à du pétrole canadien plus abordable est accueillie avec effervescence. « Nous sommes très satisfaits de cette décision, indique Dean Dussault, conseiller principal aux communications de l’entreprise. Ce pétrole va nous permettre d’être beaucoup plus compétitif, ce qui va avoir un impact direct sur l’économie locale de Montréal-Est et de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles. »
Les impacts économiques directs associés aux emplois à la raffinerie Suncor de Montréal et au Québec se chiffrent à plus de 41 M$ en salaires et traitements annuellement.
Près de 4000 emplois en jeu dans l’Est
« Ce projet va permettre non seulement de solidifier l’avenir de la pétrochimie dans l’Est, mais il va assurer l’emploi d’au moins 4000 personnes de façon directe et indirecte, énonce M. Tsingakis. Suncor sera l’une des principales compagnies à bénéficier du pétrole de l’ouest canadien, mais elle ne sera pas la seule. Chimie Parachem, CEPSA Chimie Montréal et Selenis Canada en bénéficieront également. »
Il indique que la décision de l’ONÉ viendra principalement « protéger » l’emploi de ces personnes en plus de donner une plus grande marge de manœuvre économique aux entreprises locales.
Élus et citoyens : satisfaits, mais prudents
La députée sortante de Pointe-aux-Trembles Nicole Léger a déclaré avoir travaillé sur ce projet dans le but de trouver l’équilibre entre les facteurs économique, d’emploi et d’environnement dans le secteur.
« Je pense à nos travailleurs et à la survie de cette industrie qui est essentielle pour les gens de l’est de Montréal, dit-elle. Il y a beaucoup d’efforts qui se font au niveau de l’environnement pour que ce projet soit socialement acceptable et que les citoyens ne soient pas inquiets au niveau de la sécurité. »
Rappelons que Mme Léger est intervenue au mois de décembre dernier auprès des intervenants de l’Est pour qu’ils participent à la commission parlementaire qui étudiait le projet d’Enbridge.
« L’avenir de l’industrie pétrochimique est importante à mes yeux, mais il ne faut pas oublier qu’il faut améliorer nos manières de faire pour répondre à toutes les questions qui ont été soulevées par les citoyens inquiets de leur sécurité et pour l’environnement. »
Chantal Rouleau, mairesse de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles dont le pipeline traverse le quartier, s’est dit « satisfaite » de la décision de l’ONÉ en raison des emplois directs et indirects qui ont pu être garantis aux citoyens.
« Nous sommes contents, mais il faut rester prudents et s’assurer qu’Enbridge respecte les conditions imposées par les autorités. »
Elle signale qu’elle est d’accord avec le point de vue du maire de Montréal Denis Coderre en ce qui concerne le possible système de redevances qui pourrait être proposé à Enbridge. « Il faut que la municipalité trouve son compte, alors du côté de l’arrondissement nous allons pousser dans ce sens-là. »
Pour sa part, Maurice Vanier, vice-président au comité mixte municipalités, citoyens et industries est heureux des retombées économiques du projet ainsi que des conditions imposées.
« Nous sommes satisfaits de ce qui est proposé, mais il faut retenir qu’Enbridge doit améliorer ses façons de communiquer avec les municipalités et les citoyens pour que tout soit plus clair à l’avenir. »