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Un mal pour un bien? Biométhanisation

Alors que le projet de centre de traitement des matières organiques (CTMO) par biométhanisation à Montréal-Est inquiète certains citoyens, d’autres voient le projet comme une avenue de développement pour l’Est.

« Nous saluons la volonté de la Ville de mettre en place des moyens de gestion des matières résiduelles qui soient moins polluants. Par contre, nous n’avons pas d’information suffisamment précise pour l’instant afin de déterminer si une synergie est possible avec les entreprises existantes et le CTMO », déplore le directeur général de l’Association industrielle de l’est de Montréal (AIEM), Dimitri Tsingakis.

Développer l’industrie

« Tout ce qui vient consolider ou bonifier la grappe industrielle en place est vu d’un bon œil, mais il faut s’assurer de réduire les nuisances pour la population. Je comprends les inquiétudes des résidents, mais si on réduit les nuisances, ça peut être positif pour la communauté », avance M. Tsingakis.

Le maire de Montréal-Est, Robert Coutu, appuie le projet, mais précise qu’il doit être fait dans les règles de l’art. « Lorsque j’ai fait savoir à M. De Sousa [responsable du développement durable à la Ville de Montréal] notre intention de déposer un mémoire devant la commission, il n’en voyait pas la pertinence. Il faut envoyer un message fort des préoccupations des citoyens. Le projet peut amener de la richesse et de l’emploi dans l’Est, mais les lignes directrices doivent être respectées », précise M. Coutu.

Selon la mairesse de l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, il s’agit d’une opportunité pour développer une « industrie blanche » de saine gestion et de valorisation des matières résiduelles dans l’Est. « Nous espérons qu’il y aura un effet d’entraînement », confie-t-elle.

Rappelons que le CTMO de l’Est ne créera que 40 emplois, mais il produira principalement deux substances, soit 18 000 tonnes de digestat, qui seront transportées vers le centre Nord pour produire du compost, et 4 000 000 m3 de biométhane. Ce gaz contient du sulfure d’hydrogène (H2S) qui doit être retiré avant de pouvoir injecter le méthane dans le réseau de Gaz Métropolitain. L’usine Chemtrade de Montréal-Est se spécialise justement dans cette opération. « Nous n’avons pas suffisamment de données pour l’instant afin de déterminer si ce pourrait être envisageable, mais c’est faisable », croit le directeur d’usine, Marc Hunziker.

L’usine de Chemtrade est l’une des plus performantes avec un taux de récupération de 99,9 %. « La communauté pourrait en retirer une expertise et développer un savoir-faire québécois », avance M. Hunziker.

Développer une expertise

« “Si nous avons été capables de faire de la pollution, nous sommes capables de faire de la dépollution et de faire de l’argent avec”, c’était le leitmotiv de Marcel Léger, l’ancien ministre de l’Environnement et du Tourisme », se souvient le membre des comités de liaison industrie-communauté de l’AIEM, Maurice H. Vanier.

Le centre-pilote de prétraitement des ordures ménagères, qui sera construit aux côtés de l’usine de biométhanisation, est en fait un centre de recherche, qui permettra d’évaluer le potentiel de valorisation des matières résiduelles. « On parle de recherche, on parle de développement. Il y a un pôle environnemental intéressant qui peut être développé dans le secteur Est, alors ça peut être un secteur d’avenir », explique le représentant de la Ville de Montréal, Roger Lachance.

Développer des experts

« La pierre angulaire de l’industrie, c’est l’éducation. Il faut investir dans tout le système d’éducation, de la base jusqu’aux écoles spécialisées comme l’Institut des procédés industriels du Collège de Maisonneuve », ajoute M. Hunziker.

Pour M. H. Vanier, il faut non seulement développer une expertise, mais il faut que ces experts viennent du secteur. « Ce qu’il faut, c’est développer des spécialistes. Il faut que les gens avec des sarraus blancs viennent d’ici. Le problème, c’est que la Polytechnique, les HEC et les universités sont loin. Il y a quand même des initiatives comme la bourse Suncor qui stimule les jeunes », précise M. H. Vanier.

De son côté, M. Hunziker croit que le secteur industriel pourrait attirer des gens dans l’Est. Selon lui, les gens cherchent de plus en plus la proximité de leur emploi.

Pour en savoir plus…

Les interrogations des citoyens : Biométhanisation : plusieurs interrogations persistent

Tous les détails sur le projet : Le projet de valorisation des matières organiques projeté dans l’Est

La réaction de Robert Coutu, maire de Montréal-Est : Robert Coutu partage l’inquiétude des citoyens

Qu’est-ce que la Biométhanisation? Traitement des matières organiques à Montréal-Est

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