Rivière-des-Prairies

Le retour de la Navette Or n’est pas au programme de la STM

La Navette Or offrait un service très apprécié des aînés au nord-ouest du quartier de RDP.
La Navette Or offrait un service très apprécié des aînés au nord-ouest du quartier de RDP. Photo: Anouk Lebel / Métro

Cela fait plus de deux ans que la Navette Or ne parcourt plus les routes de Montréal. Bien que le retour de ce service de transport offert par la Société de transport de Montréal (STM) soit demandé par de nombreux aînés prairivois, la cause semble perdue d’avance.

«Pour le moment, la suspension des Navettes Or est maintenue dans une perspective de priorisation de nos ressources, en tenant compte de la planification de nos effectifs et de l’achalandage, actuel et projeté, qui ne justifie pas de réinstaurer ce service jusqu’à nouvel ordre, notamment dans le contexte financier actuel», expliquait la STM en entrevue avec Métro.

La STM avait annoncé un déficit de 43 M$ le 14 janvier dernier. Si l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées de la Pointe-de-l’île de Montréal (AQDR-PDI) avait fini par considérer cette bataille «perdue», certains ont continué de réclamer la reprise des services des Navettes Or.

Fabrizio Solomita, directeur de la résidence pour aînés Au fil de l’eau, était allé porter le dossier au conseil d’arrondissement de mai dernier, pour demander le soutien des élus.

«Ce service n’est pas un luxe, mais essentiel pour nos résidents», déclarait-il.

La Navette Or permettait à ces derniers, surtout ceux de la zone enclavée entre Ozias-Leduc et Langelier, sur le boulevard Gouin, de rejoindre «épicerie, médecins spécialisés ou pharmacie», services inexistants dans ce quartier où se trouvent cinq résidences pour aînés.

Une navette peu utilisée

L’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles a eu plusieurs discussions avec la STM à ce sujet, nous indique la mairesse d’arrondissement, Caroline Bourgeois.

«[Elle] nous a expliqué que la Navette Or 257 RDP était peu fréquentée avant la pandémie. L’achalandage moyen en 2018 n’était que de 13 personnes par jour, soit 3 personnes par voyage», précise-t-elle.

Le coût de déplacement d’une personne reviendrait à 54,31 $ par personne. En comparaison, le coût de déplacement en bus est de 1 $ à 4 $ selon les circuits et abonnements. La piste d’un taxi collectif qui avait été mise en réflexion avec un coût de déplacement individuel de 9 $ semble, elle, avoir été abandonnée.

Interrogée au sujet des solutions de remplacement, la STM répond que «d’autres options de déplacement s’offrent à la clientèle de ce secteur».

Quelles options?

Parmi elles, les lignes 43-Monselet, 48-Perras et 49-Maurice-Duplessis déjà existantes.

«Précisons d’ailleurs que la ligne 48 offre un parcours qui dessert de manière cyclique, environ deux fois par heure, les grands complexes d’habitations et résidences pour personnes âgées sur le boulevard Gouin (entre Langelier et Ozias-Leduc). Cette mesure particulière tient compte de l’effet d’enclavement partiel de cette zone et vise à réduire les distances de marche, considérant la clientèle desservie», indique ainsi la STM.

Une proposition de service qui, selon l’AQDR-PDI, «n’est pas adapté» aux besoins des aînés. Julia Primeau, qui habite la résidence Au fil de l’eau, confie en effet que «le transport adapté ne marche pas» pour tout le monde, citant les personnes à mobilité réduite par exemple. Elle souhaite continuer de se battre pour faire revenir la Navette Or.

«Je ne lâcherai pas le morceau, ça, c’est sûr.»

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