Rosemont

Vivre sa passion dans le ring

Jason Gray, le favori des spectateurs de la NWC.
Jason Gray, le favori des spectateurs de la NWC. Photo: Gracieuseté

Véritables guerriers de la fin de semaine, les passionnés de la lutte professionnelle sont prêts à donner sueur et sang pour offrir le meilleur spectacle à leur audience. TC Media rencontre les talents insoupçonnés du ring.

Dans une grande salle vide du Centre St-Barthélemy, sur la rue des Érables, une dizaine de personnes s’affairent. Quelques minutes plus tard, on devine un canevas et des cordes, des projecteurs et trois énormes lettres en métal se dressent au-dessus de la scène.

«NWC», la New Wrestling Championship est le lieu de défaites et de victoires, de drames et de trahisons. Théâtre des temps modernes, la lutte professionnelle est surtout pour ces combattants, tous bénévoles, un moyen de s’exprimer.

«Ma passion [pour ce sport] a commencé lorsque j’avais sept ans. J’avais déjà regardé de la lutte avec mon père et mon frère et mon voisin en faisait. On est allé le voir et j’ai aimé le côté mystérieux, ce qui se passe en arrière. Cette magie m’a beaucoup allumée», raconte Geneviève Lacasse, lutteuse.

Celle-ci fait partie d’un trio féminin, la «Bitch Squad», qui accumule plus de 10 ans d’expérience, fait rare dans cet univers qui carbure à la testostérone. Sous le pseudonyme de «Sweet Cherrie», elle affronte les autres lutteuses qui voudraient se mesurer contre elle dans l’arène de la NWC.

«Intensité au féminin», Cherrie veut qu’on oublie les tirages de cheveux et les esclandres pathétiques qu’on pourrait associer à la lutte.«Ce sont des filles qui luttent vraiment bien, elles savent ce qu’elles font», affirme-t-elle.

Cette dernière a quant à elle trouvé un moyen de sortir de sa coquille grâce à ce qu’elle qualifie de repère dans sa vie.

Difficile de ne pas y croire lorsqu’on voit ces gens de tous les horizons qui viennent monter gratuitement eux-mêmes le ring dans lequel ils combattront le lendemain. Cet exercice, ils le répéteront 20 fois cette année, sans rechigner, toujours heureux d’y être.

Bad-boys et héros
D’entrée de jeu, la question du vrai et du faux fait son apparition. Sans complexes, les lutteurs sont même fiers de parler du côté plus divertissement du sport.

Jason Gray, jeune homme qui s’adonne au combat depuis cinq années maintenant est le favori de la foule.

«Ce qui m’a permis d’atteindre ce statut, c’est mon « acting ». Je suis capable d’aller cherche la pitié de la foule. Quand mon combat arrive à une bonne conclusion, les gens sont contents», explique-t-il.

Lui-même fils de lutteur, il a tout de même dû suivre des cours de lutte, pour apprendre les mouvements et à bien prendre les coups, mais aussi pour les faire paraître douloureux.

Si M. Gray joue le rôle du gentil, le «face» comme on l’appelle dans le milieu, il y a aussi les «bad-boys», ceux qui sont là pour provoquer l’ire des spectateurs.

Avec 18 ans d’expérience, Pierre Joly connaît bien le rôle, qui lui colle à la peau depuis presque ses débuts.

«Pour bien faire paraître le «face», il faut qu’il fasse pitié. On va le tabasser, puis lorsqu’il est par terre, on va aller narguer sa famille. Plus tu te fais huer, plus les gens t’insultent, ça prouve que ton personnage est crédible», affirme M. Joly.

Un phénomène bien implanté au Québec
Près d’une vingtaine de promotions de lutte professionnelle sont établies dans la province, dont quatre à Montréal.

La plus grande, la North Shore Pro Wrestling, située dans la capitale, peut attirer près de 600 spectateurs lors de ses plus gros événements, selon Patric Laprade, historien de la lutte au Québec.

«De manière générale, la plupart des lutteurs québécois sont bénévoles. Il y en a de plus en plus qui demandent une rémunération, mais ce sont ceux qui sont plutôt connus», affirme M. Laprade.

Ce dernier estime que près de 500 lutteurs professionnels résident au Québec.

Les plus grands événements de lutte professionnelle
D’après le site lutte.com, la popularité de la lutte ne date pas d’hier au Québec. Le 18 juillet 1956, 23 227 personnes se sont entassées au Stade Delorimier pour voir Édouard Carpentier.

Le 17 juillet 1972 à Montréal, le parc Jarry accueille 26 237 spectateurs. Le match final oppose Johnny Rougeau et Abdullah the Butcher.

L’année suivante, le 14 juillet 1973, la plus grande foule jamais vue au Québec pour un événement de lutte professionnelle rassemble 29 127 spectateurs qui retournent au parc Jarry pour voir Maurice «Mad Dog» Vachon affronter Wladek «Killer» Kowalski.

 

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