Rosemont
13:24 6 mars 2020 | mise à jour le: 6 mars 2020 à 13:24

Le Bingo Masson déménage

Le Bingo Masson déménage
Photo: Emmanuel DelacourLe bingo cessera ses activités à son adresse de la rue Masson en novembre prochain.

Il est minuit moins une pour les organismes communautaires qui bénéficient des retombées du Bingo Masson, une véritable institution dans Rosemont qui devra bientôt se trouver un nouveau toit.

En effet, l’immeuble situé au coin des rues Lafond et Masson a été vendu le 11 février dernier par Alphée Rossignol à une entreprise à numéro qui est la propriété de Frederico Bizzotto, un entrepreneur en immobilier très actif dans la région métropolitaine.

La transaction a été faite au coût de 3,4 M$, selon le Registre foncier du Québec.

M. Rossignol continuera de gérer les lieux pendant un certain temps, permettant la tenue de soirées de bingo jusqu’au 30 novembre prochain.

D’ici là, un comité constitué de membres provenant des 26 organismes qui reçoivent une part des revenus des jeux s’est formé afin de trouver une nouvelle salle pour accueillir les activités, préférablement dans le même quartier.

« On espère louer ici afin de répondre aux besoins de notre clientèle. Ce sont beaucoup des personnes du troisième âge qui fréquentent nos salles, car pour elles le bingo est une activité sociale. Il faut donc que la prochaine salle soit accessible aux gens à mobilité réduite, qu’elle possède du stationnement à proximité et qu’on puisse s’y rendre en transports en commun », explique Monique Plouffe, membre du comité de relance du Bingo Masson.

Des revenus importants pour les organismes

« C’est indéniable que cela représente beaucoup d’argent pour ces organismes », souligne Éric Castonguay, secrétaire du Bingo Masson.

En effet, selon M. Rossignol « c’est près de trois quarts de millions par année pour les organismes ».

Les informations disponibles sur la page internet du Bingo Masson indiquent que depuis sa création en septembre 1995, la salle a permis à une trentaine d’organismes d’amasser 1 M$ par année et que la clientèle a récolté près de 4,5 M$ en prix, jusqu’à ce jour.

« Ça va avoir un gros impact économique pour les organismes, on veut s’assurer de faire du mieux qu’on peut pour obtenir un local et des subventions pour monter un plan d’affaires », insiste Mme Plouffe.

Celle-ci affirme qu’un large éventail de groupes communautaires sont touchés par cette vente. « On a autant des organismes pour femmes battues, les personnes malvoyantes, des banques alimentaires, des groupes sportifs et culturels. »

Un de ces groupes est l’Écomusée du fier monde. Selon le site internet de l’organisme culturel montréalais, « les bingos tenus à la salle Masson […] ont permis de récolter des sommes considérables, représentant environ 300 000 $ », entre 2006 et 2018.

Une situation généralisée

Les bingos du Québec vivent des temps durs depuis plusieurs années et la situation du Bingo Masson était à prévoir, selon les personnes au fait du dossier.

« C’est beaucoup de gestion et le propriétaire voulait sans doute prendre sa retraite », croit Mme Plouffe.

Si M. Rossignol affirme vouloir trouver un nouveau lieu pour continuer la mission du bingo, M. Castonguay confie que la vente était dans l’air depuis plusieurs années et qu’il avait plutôt l’impression que celui-ci voulait s’en départir.

« Il nous avait parlé [de son intention de vendre] il y a quatre ans déjà. Puis ç’a été une fermeture prévue en août dernier et ensuite on a appris que ça durerait seulement jusqu’en novembre », dit le secrétaire.

L’histoire n’est pas sans rappeler la fermeture du Bingo Hochelaga, qui a cessé ses activités en 2018 après plus de vingt années d’existence.

Cette situation est généralisée au Québec et souligne les difficultés que connaît cette industrie. En effet, on comptait 176 salles de bingo dans la province en 1997, mais il n’y en aurait désormais plus qu’une quarantaine aujourd’hui.

De plus, entre 2009 et 2014, les revenus du bingo ont chuté de 100 M$ au Québec (de 274 M$ à 174 M$).

Selon le Secrétariat du bingo au Québec, les profits remis à près de 800 OSBL sont passés de 42,1 M$ en 2009-2010 à moins de 23 M$ pour 2013-2014.

Sur l’île de Montréal, il ne restait jusqu’à présent que quatre salles sont encore actives, soit à LaSalle, Lachine, Pointe-aux-Trembles et celle du Bingo Masson dans Rosemont–La Petite-Patrie.

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