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Le voyage au bout du monde de Maureen Vachon

Maureen Vachon marchera plus de 2500 km pour collecter des fonds pour la Maison St-Raphaël. Photo: Isabelle Chénier, Métro

Un long périple attend Maureen Vachon. Le 24 avril, la Rosepatrienne de 52 ans débutera une marche de 2500 km – un aller-retour entre Montréal et Cap-Gaspé – pour collecter des fonds destinés à la maison de soins palliatifs St-Raphaël, où elle passera ses derniers jours.

Métro trouve Maureen Vachon sur le perron d’un immeuble à logements, en train de placoter avec d’autres locataires. Même de loin, l’énergie que peine à contenir cette longue silhouette filiforme est perceptible.

«Je n’étais pas madame muscle, mais proche. J’étais baraquée, avant», mentionne-t-elle après nous avoir guidés vers son appartement.

Ce «avant» auquel l’ancienne lieutenante en sécurité de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont fait référence, c’est sa vie précédant le matin du 19 mars 2019. Avant qu’elle ne soulève une civière et pense s’être brisé le bras dans le mouvement. Avant qu’elle ne se rende à l’urgence, et qu’on lui apprenne que ce qui la faisait souffrir n’est pas une fracture, mais bien des métastases répandues dans son bras, dans sa poitrine et dans tous les os du haut de son corps.

«Dans la même journée, je me suis fait dire que j’avais un cancer de stade 4 et que je n’avais plus de job. Je suis retournée dans mon bureau par un couloir qui ne m’a jamais semblé aussi long. J’avais l’impression de ne plus être là».

Une cinquantaine de traitements ne sont malheureusement pas parvenus à colmater la brèche ouverte causée par cette terrible nouvelle. Maureen est affligée d’un mal incurable.

Assise à sa table de cuisine, celle-ci avoue avoir traîné sa mélancolie pendant quelques mois, confrontée à son sombre pronostic. «Je ne veux pas partir. Je me sens bien. J’ai encore trop de choses à faire», confie-t-elle.

Sa tristesse n’a toutefois pas été en mesure de supplanter sa nature active. Elle se marre soudainement en se rappelant sa grand-mère qui, à l’âge de 83 ans, avait la fâcheuse habitude de grimper sur le toit de son chalet pour ramoner la cheminée. « J’ai la tête de cochon à grand-maman. Je n’ai jamais été de celle qui baissait les bras ».

Grande marcheuse et adepte de plein air, elle décide alors qu’elle vendra l’entièreté de ses biens et entreprendra une vie nomade. «Quand je reste à la maison, je me sens comme si je n’étais qu’une maladie. Je n’ai plus d’envies. Quand je marche, je me sens libre et en santé. Je suis Maureen.»

Munie de sa tente et de son sac de couchage, cette dernière compte parcourir en solo le Chemin du Québec, un aller-retour entre Montréal et le phare de Finisterre (qui signifie « fin de la terre ») à Cap-Gaspé. Son itinéraire couvre plus de 2500 km, une distance similaire au Chemin de Compostelle.

Trajet du Chemin du Québec. Photo: Gracieuseté, Chemin du Québec.

Prendre de grands bols d’air frais, sillonner à pied des kilomètres de routes qui longent le fleuve Saint-Laurent et traversent des forêts, Maureen a très hâte de se mettre en route. Ce grand voyage — son dernier peut-être — elle le prépare depuis le début de l’année 2023. Chaque jour, elle sort de chez elle et arpente les rues de Montréal, couvrant une distance moyenne de 30 kilomètres quotidiennement.

La randonneuse est déterminée à relever ce défi ultime qui permettra aussi de financer, grâce aux dons du public, la mission de la Maison St-Raphaël qui l’accueillera au crépuscule de sa vie.

Maureen Vachon. Photo: Gracieuseté, Chemin du Québec.

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