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L'AQDR Rosemont se raconte

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
À la fin des années 1970, l’économie se porte mal: le taux de chômage frôle les 9 %, les impôts augmentent de 25 %, l’inflation oscille autour de 18 % et les logements abordables se font rares. Dans ce contexte, les personnes âgées, qui disposent alors d’un revenu moyen de 300 $ par mois, sont particulièment vulnérables. Afin de faire entendre leur voix, plusieurs s’unissent et fondent l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR). Pour souligner 35 ans de lutte, l’organisme rosemontois a fait appel à la réalisatrice, Denise Payette pour raconter son histoire, par le biais du documentaire Patrimoine vivant.

« C’est un film que l’on voulait de vive voix. Il est basé sur des témoignages de personnes qui ont fait du bénévolat au sein de l’organisme. L’idée était non seulement de marquer l’anniversaire de l’AQDR, mais aussi de réaliser un document qui témoigne de sa présence à Rosemont, car c’est ici que tout a commencé », explique la présidente, Pierrette Guitard, soulignant qu’il existe désormais plus d’une quarantaine de sections locales à travers le Québec.

D’une durée d’environ 45 minutes, le film a été réalisé sous forme de huit capsules qui sont diffusées sur le site Internet de l’organisme pour permettre une plus grande diffusion de l’œuvre.

Une force sociale

Si l’organisme a d’abord débuté comme un groupe de rencontres pour vaincre l’isolement, il est devenu, au fil du temps, une véritable force sociale.

« Dans notre société, on a l’impression que les vieux sont toujours de trop. Ils sont dans le chemin, ils sont encombrants et ils prennent tout sans rien laisser aux autres [générations]. Or, les vieux ont bâti le pays; ils ont travaillé toute leur vie. Tellement qu’une fois rendus à la retraite, plusieurs ont l’impression qu’ils ne sont plus bons à rien. Quand j’étais jeune, les aînés se retiraient d’eux-mêmes, ils n’attendaient pas d’être rejetés. Je crois au contraire que les aînés ont encore une vie à vivre. Il est de leur responsabilité de s’assurer de leur bien-être. La longévité est un défi avec lequel ont doit composer. Ce qu’on fait, c’est de l’enpowerment », soutient la présidente.

Au fil des années, les membres ont mené plusieurs actions politiques pour revendiquer leurs droits, allant de la création d’un comité sur la condition féminine à la participation au rassemblement contre la désindexation des régimes de retraite en 1985 – événement rendu célèbre par Solange Denis qui a apostrophé le premier ministre de l’époque, Brian Mulroney, en lui disant « goodbye Charlie Brown » –, en passant par des revendications plus locales, comme la sécurisation desintersections Saint-Michel et Saint-Joseph ainsi que Pie-IX et Beaubien.

Malgré des gains importants, il reste encore plusieurs batailles à mener, estime Mme Guitard. Parmi les dossiers sur lesquels travaille actuellement l’AQDR, il y a celui de l’assurance autonomie.

« C’est un projet de loi qui pourrait être adopté d’ici décembre qui imposerait un coût à l’usage pour les services de soin de santé qui touchent beaucoup les aînés, informe Frédérique Robert-Paul, coordonnatrice.Une grande partie de l’aide domestique, qui est actuellement assumée par des auxiliaires en CLSC, passerait dans les mains d’une entreprise d’économie sociale. C’est le principe de l’utilisateur-payeur. Ça pose aussi des problèmes quant à la capacité de prise en charge et à la qualité de la formation de la main-d’œuvre. »

Pour en savoir plus sur l’organisme (5350, rue Lafond, 514 725-0183) ou pour visionner le documentairePatrimoine vivant, on visite le www.aqdr.org.

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