Débat autour d'une démocratie en plein air
« Chaque mois, je vais au conseil d’arrondissement à titre de citoyenne et je vois toujours les mêmes visages. Je trouve ça dommage, car il s’agit d’une plateforme exceptionnelle pour interpeler les élus. Il y a aussi des moments informels au début de la séance ou à la pause pour parler avec eux ou leurs attachés politiques », fait valoir Chloé Dodinot, du comité Priorité démocratie et participation citoyenne de DRE qui chapeaute le projet.
Pour inciter les gens à y prendre part, le groupe s’est questionné à savoir comment le rendre plus attirant. C’est alors que l’idée d’organiser un rendez-vous extérieur, durant la période estivale, a germé.
« Un conseil d’arrondissement, ce n’est pas très glamour. Idéalement, il faudrait jumeler ça à une activité, qu’il s’agisse d’un pique-nique ou d’un 5 à 7, avant la séance. Il doit y avoir quelque chose en amont pour mobiliser les résidents de Rosemont », soutient son collègue Daniel Desputeau, soulignant au passage qu’il s’agit d’une opportunité de créer un lieu de rencontre dans l’arrondissement.
« Ça va être le temps d’expliquer à la population ce que c’est [un conseil d’arrondissement] et comment ça fonctionne. Qui peut y aller? Quelles sont les règles? Quand peut-on poser des questions? », ajoute Mme Dodinot, qui déplore que plusieurs citoyens ignorent le fonctionnement de cet outil démocratique.
Or, depuis quelques années, les tentatives pour rendre le processus décisionnel plus accessibles se multiplient. On n’a qu’à penser à la webdiffusion ou à la publication sur le site Internet de l’arrondissement des sommaires décisionnels. Qu’est-ce que la tenue de rencontres dans les parcs apportera de plus?
« Même si techniquement, c’est accessible, les gens ne connaissent pas tous les moyens qui leurs sont offerts. Il ne comprennent pas forcément l’importance d’assister au conseil d’arrondissement. Quand on s’y présente, on ressent l’énergie des échanges », plaide Mme Dodinot.
« Quand on l’écoute sur le Web, on peut être porté de regarder une autre page si on trouve que la question discutée est plate ou à chatter avec quelqu’un », illustre M. Desputeau.
Projet embryonnaire
Si l’initiative est toujours au stade embryonnaire, les démarches pour sonder l’intérêt de l’administration locale ont débuté, indiquent les instigateurs du projet.
« La réaction des élus consultés a été très bonne. Reste à voir à quel moment ça peut se faire. C’est complexe, car le calendrier a déjà été annoncé pour l’année et il y a des contraintes logistiques, mais il y a sûrement moyen de moyenner. Notre objectif est de faire ça en juin, juillet ou en septembre 2014, sinon en 2015 », annonce M. Desputeau.
Le groupe a ciblé trois endroits pouvant accueillir cette initiative, soit les parcs Molson, Rosemont ou Jean-Duceppe. Si le premier est central, les deux autres offrent des endroits à proximité où on peut se réfugier en cas de pluie (mairie d’arrondissement et technopôle Angus, respectivement).
« Par souci d’équité, peut-être qu’une année on pourrait faire ça dans Rosemont et la suivante dans La Petite-Patrie », avance M. Desputeau.