La cohabitation au cœur de l'intégration
Le but du projet est simple : jumeler des nouveaux arrivants à la recherche d’un logement à des Québécois de 55 ans et plus qui ont une chambre en trop.
« Il ne s’agit pas d’une simple colocation, mais bien d’une cohabitation. Ça ne se limite pas à partager un appartement, mais plutôt à échanger avec l’autre, à connaître sa culture; on souhaite une véritable rencontre. On ne force pas les gens, c’est à eux de déterminer quel type de partage ils veulent », explique Victoria Niyazov, intervenante à la Maisonnée.
Cette démarche a été initiée au début des années 2000 pour répondre à la crise du logement, avant de devenir un programme insertion interculturel. Faute de financement, il a pris fin en 2006. La Maisonnée l’a relancé il en octobre dernier, bénéficiant d’une subvention du programme Municipalité amie des aînés (MADA) de la Ville de Montréal.
« C’est une façon de briser l’isolement des aînés, mais aussi des immigrants. Ça leur permet de faire des économies, de partager les tâches ménagères, de se faire des amis, etc. C’est une relation gagnant-gagnant », fait valoir la jeune femme.
Il s’agit aussi d’une façon de prévenir la ghettoïsation des communautés ethniques, en leur faisant découvrir la culture québécoise de l’intérieur.
Chaque année, de 10 à 12 couplage du genre sont réalisés sur le territoire montréalais. L’initiative pourrait d’ailleurs être déployée à Laval et à Longueuil, secteurs pour lesquels il y a déjà quelques demandes.
Agence de rencontre
Le jumelage entre « l’accueillant » et le « demandeur » s’effectue au terme d’un rigoureux processus de sélection.
« Les gens intéressés sont rencontrés afin de mieux cerner ce qu’ils recherchent (avec quel type de personne ils souhaitent cohabiter, la durée de l’échange, le prix demandé pour le logement, etc.).
« On procède aussi à une enquête des antécédents judiciaires. Si on voit que deux personnes sont compatibles, on organise une première rencontre et on voit si le courant passe. On souhaite faire des jumelages de qualité », insiste Mme Niyazov.
Le cas échéant, une entente est ratifiée entre les participants, qui sont responsables de leur cohabitation. L’organisme effectue toutefois un suivi mensuel et organise des activités pour permettre aux aînés et aux nouveaux arrivants de tisser des liens et de se créer un réseau.
« L’entente est prise entre deux individus. Nous, on est là pour les guider et agir à titre de médiateurs, au besoin », précise-t-elle.
Un encadrement qui plaît beaucoup aux aînés prêts à tenter l’expérience, fait valoir Mme Niyazov.
« Les gens qui nous appellent sont ouverts d’esprit. Plusieurs ont beaucoup voyagé, tandis que d’autres sont simplement curieux. On doit néanmoins les sensibiliser pour défaire leurs préjugés », fait-elle valoir.
« Si certains ont des craintes, elles sont rapidement dissipées grâce aux témoignages des personnes qui ont déjà pris part à cet échange », ajoute sa collègue Zina Laadj.
Pour en savoir plus sur le programme Habitation partagées, on communique avec victoria Niyazov au 514 271-3533 ou victoria@lamaisonneeinc.org. La Maisonnée est située au 6865, avenue Christophe-Colomb.