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Problème d’accessibilité en 2012

Beauchemin Philippe - TC Media
En cette fin d’année 2012, le Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ) dresse un portait peu reluisant concernant de nombreux commerces de l’arrondissement. De la Promenade Masson à la Petite-Italie, il reste beaucoup de travail à faire pour rendre les bâtiments accessibles à tous.

« Je ne sais pas si vous figurez ce que c’est vraiment de se promener sur la rue Masson. C’est frustrant. Seulement 49 % des commerces sont accessibles pour les personnes en fauteuil roulant ou à mobilité réduite.

« Et c’est aussi difficile de circuler sur le boulevard Saint-Laurent, surtout l’été, où les terrasses prennent toute la place sur les trottoirs. Et oublier l’idée d’entrer dans les commerces et cafés : ils ont tous deux ou trois petites marches devant l’entrée », rend compte Linda Gauthier, présidente du RAPLIQ.

Dans les dernières semaines – et encore présentement –, des travaux majeurs ont eu lieu sur les artères commerciales, grâce au support financier du Programme réussir@Montréal, qui rembourse jusqu’au tiers de la rénovation effectuée. Pourtant, très peu de commerces en ont profité pour corriger la situation et favoriser l’accessibilité universelle. Selon le RAPLIQ, et à la suite d’une visite sur la Promenade Masson, il semble que seule une fruiterie située au coin de la 6e Avenue a aménagé une mise en accessibilité pour son local.

Explications

À la Société de développement commerciale (SDC) Promenade Masson, on est conscient de la situation, mais avise qu’il serait difficile d’en faire plus pour les commerçants.

« Nos membres sont des locataires, en très grande majorité. Les immeubles ne leur appartiennent pas. On est conscient de la problématique et croyez-nous qu’on aimerait en faire plus, mais ce n’est pas aux locataires à payer pour refaire les entrées des bâtiments. Ce n’est pas évident comme situation et on voudrait bien en faire plus… », laisse entendre la directrice générale, Doris Laflamme.

À la mairie, on explique ne pas être en mesure d’obliger les propriétaires à rendre les commerces qu’ils louent ou occupent accessibles pour tous.

« Quand il y a révision architecturale et une rénovation complète de la façade d’un magasin, oui, on a une certaine emprise sur ce que le propriétaire de l’endroit doit faire comme travaux. Mais s’il n’y a pas de demande de révision, on n’a pas d’autorité, puisque les travaux relèvent alors du code du bâtiment. Une obligation de la sorte doit donc passer pas l’intermédiaire de la Ville de Montréal, qui peut intervenir », explique le maire François W. Croteau, avant d’ajouter : « C’est malhabile de la part d’un propriétaire de ne pas rendre son commerce accessible à tous. Nous sommes en 2012; il y a des personnes à mobilité réduite, des parents avec des poussettes, des gens aveugles… De ne pas rendre accessible son commerce à tous, c’est se priver d’une partie de la clientèle et c’est un manque de respect envers un grand pourcentage de la population. »

Une exception : la SDC Plaza

Est-ce que toutes les artères commerciales de l’arrondissement ont un problème d’accessibilité universelle? Non, laisse entendre le RAPLIQ, qui cite en exemple la Plaza Saint-Hubert.

« C’est une vieille artère, comme la rue Sainte-Catherine, mais les commerces sur la rue sont pratiquement tous accessibles et la direction de l’endroit fait des efforts pour que tout le monde soit satisfait », affirme la présidente de l’organisme.

Le directeur général de la SDC Plaza Saint-Hubert, Mike Parente, explique sa vision concernant l’accessibilité universelle: « Pour nous, il est clair qu’il faut prendre en considération tous les usagers, les automobilistes, les cyclistes, mais surtout les piétons. Nos locaux doivent être accessibles à tous les gens qui veulent venir magasiner sur la Plaza. D’ailleurs, pour la remise à neuf de notre artère, qui aura lieu prochainement, on voit clairement dans les plans des architectes l’implantation de bordures de trottoirs à angle de 45 degrés, favorisant ainsi l’accès et le transfert d’un bord de la rue à un autre pour les gens en fauteuil roulant ou avec des poussettes. Pour nous, c’est le piéton avant tout et nos commerçants en sont conscients. »

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