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La ruée vers l’or…québécois

Beauchemin Philippe - TC Media
C’est en préparant un voyage au Yukon que l’écrivaine Sonia K. Laflamme s’est rendu compte de la petitesse romanesque entourant l’histoire de la ruée vers l’or. Elle a donc fouillé, documenté et étudié cette période pour en tirer la trilogie Klondike, dont le deuxième tome de la trilogie vient tout juste de paraître.

Celle qui vit dans Rosemont – La Petite-Patrie depuis 17 ans maintenant (« Je ne veux plus en sortir! », dit-elle) s’est étonnée du peu de roman mettant en vedette ceux qui ont fouillé le fond de la rivière Klondike, au siècle dernier, à la recherche de la pépite dorée.

« J’ai été invitée à Whitehorse il y a deux ans par des enseignants de là-bas. J’y allais pour montrer aux élèves comment structurer un récit. Six mois avant mon départ, je me suis donc documentée sur l’endroit. J’ai remarqué que très peu de romans historiques avaient été écrits sur le Klondike et la ruée vers l’or. Je me suis dit : « Tiens, pourquoi ne pas écrire sur cela ? » J’ai donc soumis un synopsis à mon éditeur (Hurtubise) et, à mon retour, j’ai pu commencer à écrire »

L’aspect historique de cette aventure littéraire plaît à Mme Laflamme. « Il y a une grande communauté francophone là-bas. Les Québécois ont été nombreux à faire la ruée vers l’or et à s’installer là-bas. Par exemple, le fondateur de Dawson City, il est Québécois; l’ancien maire de Saint-Constant, Lorenzo Létourneau, a participé à la ruée vers l’or et a même écrit ses aventures; la première femme blanche à traverser le col Chilkoot en route vers le Klondike était Québécoise. D’ailleurs, en 1985, quand le gouvernement du Yukon a décidé d’ouvrir une première école francophone, il lui a donné son nom, Émilie Fortin-Tremblay. Il y a donc de nombreux gens d’ici qui sont allés là-bas et, pourtant, comme je le disais, il y a très peu de romans qui entourent cette période. C’est une partie de notre histoire qu’on ne connaît pas, il faut la raconter. »

Quoique romancés, les trois tomes placent donc cette période au centre de l’histoire vécue par Nicolas Aubry, jeune cultivateur québécois parti au Klondike non pas pour y trouver de l’or, mais bien pour y venger sa famille, victime des « méchants » frères Dubois. Une histoire sombre racontée avec une précision historique voulue et une écriture soutenue, et ce, même si l’ensemble de l’œuvre s’adresse avant tout à de jeunes adultes, voire des adolescents.

« Je ne sais pas en quoi c’est différent d’écrire pour les jeunes versus les adultes. Certes, il faut accorder plus d’attention à l’aventure, mais encore là, les adultes aussi recherchent de plus en plus ça dans leur lecture. En tout cas, moi, j’écris sans compromis sur le langage; ce ne sont pas des bébés les ados, ils vont comprendre. »

Rejoindre son public

Mme Laflamme a publié plus d’une vingtaine d’ouvrages jeunesse en carrière. Elle adore ce public, mais avoue qu’il est parfois difficile de les rejoindre.

« Les romans jeunesses, on en parle très peu à la radio et dans les journaux, de même qu’à la télévision. Oui, on invite des auteurs à Tout le monde en parle, mais jamais de roman jeunesse. Je pense que ce serait bien d’avoir une meilleure tribune. On a aussi un problème en librairies; les coups de cœur des libraires, il faut payer pour en être. Tout ça, c’est de la publicité, ce n’est pas gratuit. Mais bon, malgré tout, on trouve notre public, par Facebook, Internet et les rencontres scolaires. »

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