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Un cri à l'aide pour cause d'inondation

Beauchemin Philippe - TC Media
Une femme qui était locataire au 5455 Iberville, dans ce qui s’appelle les Lofts Iberville, se retrouve aujourd’hui à la rue. Elle a perdu, à la suite d’inondations à répétition, plus de 50% de tout ce qu’elle possédait. Voilà maintenant que le propriétaire de l’endroit, Sam Fattal, lui réclame deux mois de loyer.

« J’ai vécu trois ans là-dedans. J’en suis finalement sortie parce que c’était insalubre, dégueulasse, mais il aurait fallu que j’attende d’avoir le papier le stipulant avant de partir pour ainsi éviter les problèmes que j’ai aujourd’hui. Il faut maintenant que je passe en cours pour démontrer que mon local était insalubre, et, si je n’ai pas gain de cause, il me faudra payer les deux derniers mois du loyer, alors que je n’habite même plus là. Aujourd’hui, je n’ai plus rien, je suis à la rue. Je vis dans le sous-sol de ma mère. »

Annie Lévesque était de passage à la dernière séance du conseil d’arrondissement, le 16 janvier dernier, pour expliquer sa situation et demander l’aide et l’intervention de l’administration locale.

« J’ai ouvert un dossier à l’arrondissement le 9 juin parce que j’avais des inondations aux deux semaines. Depuis ce temps, j’attends qu’un inspecteur vienne voir mon logement et vienne constater les dégâts. Il y en a bien un qui est passé en novembre, mais il a juste « flushé » ma toilette et il est reparti.

« Ma seule chance devant la Régie, est qu’un inspecteur revienne et vite, parce que je passe devant la cours dans neuf jours. Je suis donc ici pour vous demander de l’aide », a-t-elle dit devant les élus.

Elle a également fait valoir dans son intervention que son voisin de pallier a pu sortir de son logement sans problème après qu’un inspecteur ait déclaré son local insalubre. Elle espérait donc la même conclusion pour son dossier.

Du côté de l’arrondissement, on confirme que le 10 juin il y a bien eu une ouverture du dossier pour refoulement d’égouts et tuyauterie non étanche à cette adresse. On souligne que dès le 21 juin, lors d’une seconde visite, les inspecteurs ont confirmé que les travaux de réparation de la pompe étaient en cours par le propriétaire.

Le 24 novembre, Mme Lévesque a de nouveau fait état de problèmes de salubrité dans son logement. « On lui a expliqué à nouveau qu’elle doit d’abord contacter son propriétaire pour lui demander de corriger la situation. L’arrondissement doit recevoir la preuve que le propriétaire a été avisé formellement avant d’entamer des procédures. C’est la responsabilité du locataire de respecter la procédure », écrit le chargé de communication, Louis Tremblay.

Les inspecteurs sont également repassés il y a quelques jours et non toujours pas vu de traces de refoulements ni de moisissures. Il n’y a donc pas eu lieu, laisse entendre l’arrondissement, de déclarer l’endroit insalubre.

D’autres requêtes

Selon ce qu’on a appris, Mme Lévesque n’est pas la seule à avoir vécu des problèmes dans les Loft de Sam Fattal. Lors des deux dernières années, l’arrondissement a enregistré sept requêtes de la part de résidents du 5455 Iberville. Si on ajoute les requêtes émanant des résidents des deux bâtiments voisins, soit les 5505 et 5155 Iberville, appartenant également à M. Fattal, c’est un total de 11 demandes qui ont été faites pour des visites d’inspecteurs municipaux.

Sur ces requêtes, une seule a conduit à la fermeture d’un local et trois ont été redirigées vers d’autres instances. « Après une vérification des lieux par les inspecteurs, nous donnons un délai au propriétaire pour faire les travaux de correction, explique Louis Tremblay. Si une fois le délai passé les travaux n’ont pas été effectués, là, on peut interdire la location du logement concerné. »

À quand un mur?

En passant devant le 5155 Iberville, on constate que le revêtement du mur extérieur avant du bâtiment n’existe plus. C’est à la suite d’une demande de l’arrondissement qu’il a été enlevé il y a plusieurs mois maintenant. C’était une question de sécurité indique-t-on.

Du côté de Rosemont – La Petite-Patrie, on ne risque aucune date quant à la mise en place d’un nouveau mur de briques. « Nous avons des échanges avec le propriétaire dans ce dossier pour voir quand un nouveau mur pourra être installé de façon sécuritaire. Le dossier suit son cours », dit M. Tremblay.

Il semble donc que le revêtement jaunâtre qui recouvre l’ensemble de la devanture actuellement sera visible pour encore quelque temps.

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