Le violoniste le plus rapide du monde!
« Ç’a commencé dans un party, se souvient le jeune rosemontois. Je me suis mis à jouer cette pièce-là, pour le fun, de plus en plus rapidement. Puis, quelques semaines plus tard, des amis m’ont dit que je pourrais battre le record du monde. Je me suis mis à pratiquer et j’ai finalement eu le record Guinness cet été lors d’un spectacle de Juste pour Rire. »
C’est ainsi qu’il a battu le record détenu jusque-là par un Britannique par moins de trois secondes. Perfectionniste, Éric Speed avoue s’être « écœuré » du Vol du bourdon à force de jouer cette célèbre partition de Nikolaï Rimski-Korsakov. « Disons que ce n’est plus ma chanson préférée. Je l’ai tellement pratiquée, jouée, dans toutes sortes d’occasions. Je l’ai un peu mis de côté présentement. »
Le record Guinness obtenu, Éric Speed se concentre maintenant sur ces projets à lui, sur ses compositions. « C’est surtout un coup de visibilité que m’a apporté ce record. Les médias parlent de moi, mais c’est tout. Il faut que je profite de cela pour obtenir des contrats, parce qu’il n’y a pas de bourse ou d’argent qui accompagne le record en question. J’ai seulement la satisfaction d’avoir persévéré et de l’avoir fait. J’ai encore beaucoup de travail à faire pour faire connaitre mon art. »
Un art où le musicien est pratiquement seul ; le violon électrique et l’électropop ne sont en effet pas très populaires sur les ondes radios et dans les concours de musique. « Quand je dis au téléphone que je joue du violon électrique, les gens disent qu’ils ne sont pas intéressés. Mais quand ils voient comment je joue, l’énergie que j’y mets, là, il y a un intérêt. Il faut donc que le public voit ma musique. C’est comme ça que je peux en vivre. Comme je n’ai pas accès aux radios commerciales, il faut que j’utilise beaucoup les médias sociaux, Internet et YouTube pour me vendre. »
Musique avant tout
Éric Speed a commencé à jouer du violon à l’âge de 3 ans. À 4 ans, il commençait à écrire de la musique. Il avoue d’ailleurs qu’il est beaucoup plus facile pour lui d’écrire des partitions musicales qu’un message texte!
« La musique, ça fait partie de moi. On m’enlève mon violon et je n’existe plus. Je le sais et je l’ai toujours su. Ma vie tourne autour de la musique. Je ne sais pas faire autre chose! Je passe des heures et des heures dans mon studio à composer des tounes. Il faut que je m’arrête des fois, parce que c’en est presque maladif. »
Après deux albums et des participations aux CD de Marie-Mai, K-Maro, Marc Dupré, Patrick Groulx, Dubmatique, Annie Villeneuve et bien d’autres encore, Éric Speed poursuit donc son chemin musical. Il aimerait rencontrer de nouveaux partenaires musicaux, un réalisateur, entre autres, pour produire son troisième album.
« Je regarde le gala de l’ADISQ, la catégorie l’Album de l’année instrumental… et je vois aussi des musiciens comme André Rieu… Je me dis que j’aimerais ça moi aussi être dans cette catégorie et montrer que l’instrumental peut être aussi synonyme de musique pop, pas seulement de musique classique ou de chambre, et qu’il se fait autre chose que du André Rieu en instrumental. »
– Pour en savoir plus : www.ericspeed.ca. – Pour voir Éric Speed à l’œuvre : http://www.youtube.com/watch?v=aM4xQcaisW8.