Un projet de loi pour protéger les aînés
La députée de Québec solidaire, Françoise David, demande à l’Assemblée nationale d’adopter un projet de loi visant à protéger les personnes aînées face à l’expulsion de leur logement.
La députée de Gouin a présenté un projet de loi l’an dernier. Il stipule que les propriétaires qui souhaitent obtenir l’éviction d’une personne de plus de 65 ans doivent lui trouver un logement équivalent, qui correspond à ses besoins et situé dans un rayon de cinq kilomètres.
Elle affirme avoir le soutien de Carole Poirier, députée péquiste de Hochelaga-Maisonneuve et se dit optimiste après une rencontre avec Martin Coiteux, ministre des Affaires municipales. Elle ajoute que la Coalition avenir Québec est plus réticente, mais ne semble pas vouloir s’opposer au projet.
Pour sa part, Martin Blanchard, coordonnateur du Comité logement La Petite-Patrie, estime que les personnes aînées représentent parfois jusqu’au tiers des évincés. D’après lui, elles sont victimes de «spéculateurs». «C’est devenu un véritable fléau dans le quartier», indique-t-il.
Le cas de M. Di Tonno en attente
Le cas de Pierino Di Tonno, un locataire de 82 ans, qui vit dans son logement depuis une quarantaine d’années avait soulevé le débat dans l’arrondissement. Les propriétaires, qui tiennent l’épicerie Milano dans la Petite Italie, souhaitent effectuer des travaux de subdivision dans le logement et lui ont donc demandé de le quitter. Des appels au boycottage de l’établissement ont même été lancés en mars.
Lors d’une rencontre avec les médias, M. Di Tonno a expliqué qu’il est en attente de la décision du tribunal qui devrait tomber d’ici juin. Il a d’ailleurs affirmé: «Les nouveaux propriétaires ne pensent qu’à l’argent et s’en fichent de l’humain».
Son témoignage a été appuyé par celui d’une locataire qui a été évincée de son logement et qui assure «en trembler encore».
Ils ont trouvé le soutien de deux propriétaires présents, dont Christian Yaccarini. «Je ne pensais pas qu’en 2016, on devait se battre pour éviter ce genre de situation».
«On achète en toute connaissance de cause. Ces personnes vivent souvent dans leur logement depuis des dizaines d’années, elles sont chez elle. Cette richesse générationnelle ne doit pas disparaître», ajoute Catherine Larochelle, une autre propriétaire.
Pour les parties présentes, une éviction a de terribles conséquences sur les aînés. La députée Françoise David parle même de «déracinement» et rappelle qu’ils ont tissé des liens importants avec les gens du quartier.
Mme David a conscience que d’autres personnes peuvent être touchées par ce genre de situations, comme les jeunes travailleurs ou les familles monoparentales. «Le but aujourd’hui est de faire une brèche, car la situation des aînés est vraiment catastrophique». La députée espère que le projet de loi sera adopté avant la fin de la session parlementaire en juin.