Saint-Laurent
16:53 3 juillet 2019 | mise à jour le: 2 janvier 2020 à 17:01 temps de lecture: 3 minutes

Décortiquer la lutte aux îlots de chaleur

Décortiquer la lutte aux îlots de chaleur
Photo: Nouvelles Saint-Laurent News – Laurent LavoieLe corridor de la biodiversité, qui se développera à Saint-Laurent sur les vingt prochaines années, est un exemple de projet long terme qui favorisera les îlots de fraîcheur.

De nouveaux projets environnementaux sont mis sur pied chaque année pour réaménager les secteurs dominés par l’asphalte et ainsi, contrer les îlots de chaleur, un phénomène bien présent à Saint-Laurent.

«Il y a une correspondance entre les endroits où les gens décèdent en période de canicule et la présence d’îlots de chaleur», explique le médecin spécialiste à la Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP), David Kaiser.

Les personnes vulnérables, comme les citoyens âgés ou souffrant des troubles mentaux, ont pour leur part deux fois plus risque de décéder dans les secteurs chauds.

Si le nombre de victimes de la chaleur est monté à 66 en 2018 dans la métropole, 16% des décès à Saint-Laurent y était attribuable, selon le dernier bilan de la DRSP.

L’arrondissement est particulièrement concerné par l’enjeu, entre autres en raison de son grand secteur industriel. «C’est là qu’on voit les grandes mers d’asphalte, qui sont vraiment propices à la création des îlots», indique le responsable des campagnes Espaces verts et milieux naturels au Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal, Emmanuel Rondia.

Les grandes artères de circulation peuvent aussi être des milieux où la température est plus élevée. Saint-Laurent compte 25 kilomètres linéaires d’autoroutes.

Aperçu des îlots de chaleur à Saint-Laurent

Territoire de Saint-Laurent

70% industriel, dont 3,3% de végétation

30% résidentiel, dont 11% de végétation

Perspectives
Malgré la sensibilisation aux îlots de chaleur, un rappel est souvent nécessaire. «Parfois, on oublie vite l’été qui vient de passer, les vagues de canicule et les conséquences qu’il y a eu», affirme M. Rondia.

Depuis 2015, la campagne «Interventions locales en environnement et aménagement urbain» (ILEAU), coordonnée par CRE-Montréal, met sur pied des initiatives pour verdir les quartiers montréalais.

Il ajoute qu’à court terme, créer des îlots de fraîcheur par la plantation d’arbres et d’arbustes est la mesure la plus efficace pour contrer la chaleur ainsi que pour bonifier la biodiversité.

Mais il ne faut pas négliger les projets à long terme. «Sur une période de 20 à 30 ans, il faut saisir les occasions d’avoir plus de végétation lorsqu’on redéveloppe des quartiers», dit M. Kaiser.

Le corridor de la biodiversité, qui vise à verdir 450 hectares, notamment sous les lignes hautes-tension près du boulevard Cavendish sur deux décennies, s’inscrit dans cette mentalité.

En marge de son Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD), la Ville de Montréal espère porter son indice de canopée, soit le rapport entre l’espace vert et la superficie totale de l’agglomération, de 20% à 25% d’ici 2025.

«Il faut qu’on s’ajuste avec des [défis] inattendus, comme l’agrile du frêne, souligne le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa.

Les derniers chiffres, qui datent de 2015, démontraient que la canopée s’élevait à 12,3% à Saint-Laurent.

Avantages des îlots de fraîcheur

  • Plus d’ombre et protection au rayonnement solaire
  • Gaz polluants atmosphériques filtrés
  • Évapotranspiration baisse la température de l’air

Articles similaires