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Explosion du nombre d’appels au comité de logement de Saint-Laurent

La directrice du Comité logement de Saint-Laurent, Maria Vasquez
La directrice du Comité logement de Saint-Laurent, Maria Vasquez Photo: Métro Média/Laurent Lavoie

Le nombre d’appels au comité de logement de Saint-Laurent a doublé depuis le début de la pandémie. Sa directrice générale, Maria Vasquez, s’inquiète du sort des nombreuses personnes victimes d’éviction d’ici le 1er juillet.

En raison d’un manque de ressources, Maria Vasquez est seule pour traiter en moyenne 20 appels par jour au comité de logement de Saint-Laurent. Ce nombre se situait entre 5 et 10 avant le début de la pandémie.

Selon elle, plusieurs propriétaires ont profité du fait qu’il était difficile de trouver un logement dans le contexte du début de la pandémie pour augmenter les prix des loyers.

L’impossibilité de visiter, notamment, a fait en sorte que le traitement des demandes a été plus long, donc pendant un certain temps, la pénurie de logements a été plus grande. Devant cette forte demande, des propriétaires auraient donc augmenté les prix.

«On a vu des hausses de l’ordre de 100 ou même 200 dollars par mois, affirme Maria Vasquez. Des propriétaires ont également arrêté d’entretenir des logements parce que c’était avantageux pour eux que les locataires décident de partir.»

Cette année, le comité de Saint-Laurent remarque que d’autres propriétaires s’activent pour évincer des résidents afin, entre autres, d’ajuster leurs prix à ceux des logements qui ont été augmentés l’an dernier.

Témoignage

Une résidente de Saint-Laurent prénommée Soraya fait présentement face à un avis d’éviction. Après 17 ans à vivre dans le haut d’un duplex, son propriétaire souhaite reprendre le logement afin que son fils de 20 ans y emménage.

La locataire, qui a la charge de son fils trisomique de 28 ans, a réussi à obtenir un avocat avec l’aide du comité de logement. Elle compte contester cette décision jusqu’au bout afin de rester chez elle. À 68 ans, elle se dit tout de même fatiguée d’avoir à se battre.

«Je me suis battue constamment pour que mon fils puisse avoir accès à une éducation comme les autres enfants et j’ai réussi, indique-t-elle. Je pensais que j’allais avoir du répit quand mon fils allait grandir, mais je dois encore m’en occuper et voilà qu’on veut me sortir de chez moi, ça commence à peser pas mal.»

Maria Vasquez s’inquiète du sort qui attend les personnes qui, comme Soraya, n’ont pas les moyens de se payer un loyer aux nouveaux prix du marché.

«Il y a une énorme demande pour les appartements qui n’ont pas été augmentés, donc ça crée de la discrimination lors du choix des locataires», avance-t-elle.

Il devient donc plus difficile de faire respecter les droits des locataires, notamment en ce qui concerne la divulgation d’informations. «On a même vu des propriétaires qui demandaient trois mois de loyer d’avance, ce qui est complètement illégal», continue-t-elle.

Registre des baux

Comme plusieurs autres organismes, le comité de logement de Saint-Laurent souhaite qu’un registre des baux soit mis en place afin qu’un suivi des augmentations de prix puisse être effectué.

«Présentement, on peut demander le prix qui était payé par le précédent locataire, mais il n’y a rien qui oblige le propriétaire à le divulguer, explique Mme Vasquez. Dans ces conditions, la crise ne peut que s’aggraver.»

La directrice générale plaide également pour qu’il y ait une meilleure prise en charge des personnes en situation de précarité pour ce qui est du logement. Elle affirme recevoir beaucoup d’appels de travailleuses sociales et d’autres organismes qui recommandent le comité de logement sans prendre en compte sa mission de défendre les droits des locataires.

«Je sens comme un désengagement institutionnel, dit-elle. Ils sont très rapides pour référer le comité de logement pour des cas de recherche de logement que je n’ai pas le temps ni les ressources pour traiter. Ce n’est pas ça, le rôle d’un comité de logement.»

Mme Vasquez tente présentement de trouver du financement afin d’engager une ressource supplémentaire pour l’aider à traiter les demandes, qui sont de plus en plus nombreuses.

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