Saint-Laurent
13:52 14 août 2014 | mise à jour le: 21 novembre 2014 à 12:00 temps de lecture: 4 minutes

Une famille belge d’ici célèbre son 100e

Il y a 100 ans cette année, la famille Vanden Abeele de Belgique a immigré dans le quartier. Alors que Saint-Laurent était peuplé par des fermes laitières, la famille belge a introduit une agriculture différente et transforme le portrait du village d’adoption. Leurs descendants sont toujours des laurentiens.

Afin de fuir les horreurs de la Première Guerre mondiale, les Vanden Abeele décident d’immigrer vers le nouveau continent. Après quatorze jours en bateau, la famille débarque au Québec et élit domicile à Saint-Laurent.

Petite-fille de Séraphin Vanden Abeele, Louise Vanden Abeele a accueilli Nouvelles Saint-Laurent chez elle, rue Saint-Germain. À 74 ans, elle a toujours vécu à Saint-Laurent et a vu changer et grandir l’arrondissement.

«Mon grand-père était agriculteur et travaillait les terres de Saint-Laurent», a-t-elle partagé. Jadis, Saint-Laurent n’était qu’un village entouré de fermes agricoles et laitières. Ses parents ont contribué au changement de vocation des terres. La famille de sept enfants, dont le père de Louise, habite et laboure la terre de la ferme Gohier, aujourd’hui devenue la rue Gohier.

Alors qu’à l’époque les cultivateurs récoltaient des patates, des oignons, des carottes et des navets, les Vanden Abeele ont introduit de nouveaux légumes, comme le chou de Bruxelles, le poireau et le chou.

«Mon père faisait un jardin et un des Steinberg [de la défunte chaîne d’épiceries] venait chercher ses légumes chez nous!»

C’est avec grand enthousiasme qu’elle explique que sa sœur et sa nièce demeurent aussi toujours à Saint-Laurent. Toujours très active, elle se réjouit de pouvoir compter sur une multitude de services de proximité, près de l’église où elle a fait sa première communion et près des transports en commun.

Avec plus de 125 personnes qui confirment leur présence lors des célébrations prévues le 24 août, les Vanden Abeele sont toujours bien vivants. «Nous avons de la parenté qui vient de la Belgique pour cet événement», souligne-t-elle.

L’arrondissement de Saint-Laurent a reconnu l’héritage toujours vivant des Vanden Abeele et une rue a été nommée en leur hommage. Louise avoue toutefois ne pas y circuler, et plaint les gens qui y travaillent. «Les pauvres personnes qui ont leur bureau sur la rue Vanden Abeele… Ils doivent l’épeler tout le temps», dit-elle avec un sens de l’humour aiguisé.

Aujourd’hui retraitée, celle qui a œuvré dans le domaine des communications s’implique dans la communauté, notamment en faisant du bénévolat pour la Société Alzheimer Montréal.

Lorsque l’on demande à la citoyenne laurentienne son souvenir le plus marquant, elle raconte ses années d’enfance avec nostalgie. «Je suis très attachée à l’église Saint-Laurent. Mes parents s’y sont mariés, nous y avons fait notre première communion et notre confirmation.»

Elle était également fière de fréquenter le Pensionnat Notre-Dame-des-Anges, où elle a passé de belles années scolaires. «Je me souviens, nous avions habité près du secteur des Bois-Francs. Il y avait eu une tempête de neige. Mon père avait été obligé d’aller en traîneau avec le cheval pour acheter de quoi nous nourrir.»

Définition que donne l’arrondissement à la rue Vanden Abeele: 

Date de désignation : 12 décembre 1974

 

En l’honneur d’une famille belge originaire des Flandres établie à Saint-Laurent au début du XXe siècle. Débarqué au Canada avec sa famille, Séraphin Vanden Abeele (1861-1928) est jardinier-maraîcher et donnera ainsi une nouvelle vocation à certaines fermes laitières de la côte Saint-Laurent. Il a épousé Euphrasie Dumeez. Une petite communauté belge s’est constituée à Saint-Laurent. Elle est notamment composée des familles Werbrouck, De Baene, Vermandere, Notebaert, Van Hove et Vermote.

Tiré de : Nadon, Mario. Un patrimoine à découvrir. Les rues de Saint-Laurent. Répertoire toponymique. [Saint-Laurent]: Ville de Saint-Laurent, [1993]

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