Soulagement au Cégep!
Après la grève estudiantine, les professeurs des cégeps et universités touchés ont dû reprendre les cours, ce qui n’était pas prévu dans leur convention collective. «Il y a eu une entente et on a rouvert la convention collective, les professeurs n’étaient pas contre l’idée de reprendre la session, mais ça leur demandait de faire deux sessions et demie en un an», résume Guillaume Fournier, professeur au Cégep de Saint-Laurent.
Cette entente, signée au mois d’août, stipule que les enseignants à temps plein devaient repprendre les cours de la session perdue, sans rémunération supplémentaire. Les professeurs à temps partiel, eux seraient payés pour la surcharge de travail.
Le gouvernement québécois se chargerait de rémunérer des professeurs supplémentaires. Le Cégep de Saint-Laurent, qui emploie déjà 280 enseignants, a pu ainsi accueillir dix professeurs. Selon cette entente, Québec s’engageait à verser 1,4 million $ au Cégep.
Or les coupures annoncées en décembre par le Conseil du trésor coupaient de moitié l’enveloppe de 31 millions $ prévue pour encadrer le retour en classe. «C’est comme s’il nous manquait 700 000$ pour l’année en cours», explique M. Fournier.
Problèmes de communication?
Avant l’annonce du 18 février, le Conseil du trésor affirmait que les Cégeps avaient assez d’argent pour financer l’entente déjà signée, alors que l’administration du Cégep avait annoncé qu’elle n’aurait d’autre choix que de couper dans les ressources professorales, résume Yannick Delbecque, professeur au Cégep de Saint-Laurent.
«Le syndicat a fait des démarches pour avoir des informations claires. On ne sait pas ce qui se passe entre le ministère de l’Éducation et le conseil du trésor, mais ils ne disent pas la même chose. Il y a des coups de téléphone qui ne sont pas retournés», a raconté M. Delbecque la semaine avant l’annonce garantissant que l’entente entre le gouvernement et les professeurs serait respectée.
Dans un même ordre d’idée, Louise Lavallée de la direction des communications du Cégep de Saint-Laurent a commenté l’annonce garantissant le respect de l’entente. «Nous sommes très heureux de cette entente. Elle va nous permettre de conserver les ratios étudiants-professeurs dans les classes.»
Des professeurs éprouvés
«C’est une année d’enfer», confie Jo-Anne Fraser, du syndicat des professeurs, qui comme tous les enseignants a dû réorganiser ses cours et ses évaluations tout en ne disposant que de périodes de correction et de préparation compressées.
Legs de la grève, les professeurs enseignent à des classes plus populeuses. «Il y a eu beaucoup d’incomplets permanents. Les étudiants ont une période où ils avaient la possibilité de prendre des incomplets permanents, plusieurs l’ont fait. En octobre, on s’est retrouvé avec beaucoup de nouvelles inscriptions. Il y avait plus de place physique», explique M. Fournier