Saint-laurent: créature vivante
«Le sol agricole s’est urbanisé, ce qui a pu créer des contrastes pas très heureux et c’est là qu’on a du travail à faire. Il faut que la construction soit plus sensible au patrimoine des époques précédentes», pense-t-il.
En accord avec l’importance de construire le patrimoine de demain, Pierre Wilson, directeurconservateur du Musée des maîtres et artisans du Québec, rappelle qu’il y a un impact économique à la construction de bâtiments de qualité. «Il faut un investissement. On a beau classer un édifice bâtiment patrimonial, sans argent l’effet est nul!»
Pour avoir un potentiel patrimonial, il faut qu’un bâtiment puisse être intéressant dans 25 ans, pense le porte-parole d’Héritage Montréal. Conséquemment, il doit être bien conçu, bien entretenu. «Des pierres dessinées par une bombe aérosol, ça ne fait pas du patrimoine fort», imaget-il.
Le patrimoine à construire
Le maire de Saint- Laurent dit vouloir «construire le patrimoine du futur». Il nomme les grands projets de Saint-Laurent, notamment la rue Décarie dont la revitalisation a été confiée à un design urbain, ce qui était une première à Montréal pour une artère commerciale, dit-il.
Les deux grands projets à venir, la Bibliothèque du boisé et le centre sportif, ont eu aussi reçu une attention spéciale quant à leur potentiel patrimonial. «Ç’aurait été tellement plus simple de faire une boîte » ,
plaisante M. DeSousa. Il a toutefois préféré opter pour une architecture qui témoigne de l’engagement de son administration envers le patrimoine.
La construction du patrimoine demande un effort social, pense Dinu Bumbaru. «Si collectivement on est paresseux et on accepte n’importe quoi, on va avoir n’importe quoi», résume le porte-parole d’Héritage Montréal.
Il croit que construire du patrimoine demande une vision forte et qu’il n’est pas prudent de compter sur les promoteurs immobiliers. «Il faut construire la ville, pas faire de la spéculation. Comment ça se fait que ce que l’on bâtit en 2012, on a l’impression que ça ne créera pas de patrimoine?» demande-t-il.
Il reste toutefois optimiste. «En se donnant ce défi de contribuer au patrimoine de demain, on s’assure de la qualité des projets. La qualité des réalisations découle de la qualité des défis.»