Il y a du monde à la messe
«Les gens sont portés à penser que les églises sont inoccupées, mais ça reste l’institution qui rassemble le plus le dimanche», pense M. Cousineau.
Depuis novembre, la chapelle de l’église de Saint-Laurent est ouverte toute la semaine et accueille les visiteurs qui souhaitent s’y arrêter pour prier, méditer ou réfléchir. Cette initiative paroissiale a attiré une cinquantaine de bénévoles qui viennent passer quelques heures de temps en temps pour garder le fort.
Située sur l’avenue Sainte-Croix, la chapelle est vue chaque jour de nombreux Laurentiens. «L’objectif c’était d’ouvrir nos portes aux 4000-5000 personnes qui fréquentent le Cégep mais ne s’arrêtaient pas, car nos portes étaient fermées.»
Pour rassembler les fidèles, les paroissiens utilisent maintenant Internet. «On veut faire mijoter le projet», explique M. Cousineau, qui croit que ce dernier prendra son envol lorsque la température sera plus clémente. Pourtant, alors que nul ne peut nier que l’hiver est bel et bien commencé, la chapelle accueille déjà plus de gens, depuis deux semaines, soit près de 10 par jours.
Les jeunes
L’église de Saint-Laurent étend ses efforts de recrutement à tous les âges. Une messe spéciale leur est dédiée tout en restant ouverte à tous. La messe du midi, qui s’adresse à eux attire entre 350 et 400 personnes selon les estimations de M. Cousineau. La moitié des participants seraient des jeunes adultes.
«Ils ont le goût de s’impliquer, mais il faut leur donner de la place. De passer de la parole aux actes c’est autre chose», dit le prêtre en souriant. Ce dernier remarque une plus grande présence des jeunes «surtout depuis qu’on leur dit que cet espace leur appartient.»
Ils semblent se sentir chez eux. «Une fois un prêtre n’a pas pu se rendre à la messe. Les jeunes ont pris les choses en main et ont fait des prières et des lectures», raconte avec fierté M. Cousineau.
Est-ce que l’église de Saint-Laurent tente d’organiser des activités pour recruter la jeunesse, comme le faisaient les églises de la Belle Province dans les années 1960? «Est-ce qu’ils ont réussi? Je suis porté à dire que non. Tu peux inviter quelqu’un, mais si tu ne l’acceptes pas de l’écouter dans ce qu’il vit, ça va se refermer», estime M. Cousineau.
La sécularisation des services publics n’a pas que du négatif pour l’église. « On ne fait plus d’enseignement religieux à l’école, ça a été remis aux paroisses. Les enfants viennent sans être forcés et les parents qui remettaient ça au professeur, s’impliquent. C’est très agréable comme changement», explique le prêtre avec sincérité.
«ll y a moins de gens qui pratiquent, mais je pense qu’il y a un léger retour à la spiritualité, pas nécessairement à la messe, précise-t-il,-mais à la spiritualité.