Un carnet qui peut sauver des vies
L’idée vient de Simon Desmarais Dumoulin, policier à Saint-Laurent ayant déjà travaillé à Verdun. C’est là qu’une intervention sur le terrain l’a poussé à créer ce cahier.
«On a eu un appel de personnes qui ne parlaient que mandarin. Pendant une heure et demie, on a essayé de trouver la raison de leur appel. On n’a pas été capable», déplore-t-il.
Ce nouveau document imprimé à près de 5000 exemplaires sera distribué aux policiers montréalais. Des phrases et des mots comme « Avez- vous mal quelque part » , « violence conjugale», «Je suis un policier de la Ville de Montréal, ne craignez rien, je suis ici pour vous protéger» sont traduites en allemand, arabe, mandarin, créole, espagnol, grec, italien, portugais, russe et vietnamien.
«Moi, en tant que policier, je dois servir et protéger. Les immigrants ont souvent une mauvaise perception de nous, car des policiers dans leur pays d’origine sont parfois corrompus et font des enlèvements. Donc, une fois ici au Québec, ils se méfient», rapporte M. Desmarais Dumoulin.
Le carnet permettra de mieux identifier la procédure à suivre et de rassurer les gens avant l’arrivée d’un policier traducteur ou parlant leur langue.
«Les barrières linguistiques, ce n’est pas toujours évident. Si vous ne maîtrisez pas nécessairement bien le français, dans un moment de stress, ça ne vous viendra pas plus facilement», pense Pierre Fauchier, policier sociocommunautaire à Saint-Laurent.
Selon ce dernier, le carnet permettra de faire un rapprochement entre les forces policières et la population. «Si on connaît quelques mots dans leur langue maternelle, ça brise l’aura de l’autorité policière. Ça met les gens en confiance», estime-t-il.