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Grève étudiante au cégep de Saint-Laurent

Les étudiants du cégep de Saint-Laurent sont à nouveau en grève. Mais ce n’est pas un retour du printemps érable. Les cégépiens ne sont pas allés en classe du 20 au 22 novembre dans un contexte de grève internationale, dévoile Eva Garrido, porte-parole de l’Association étudiante du cégep de Saint-Laurent (AECSL).

À l’intérieur des murs du cégep, tout est calme. On est loin des scènes de violence qui ont éclaté lors de certaines manifestations au printemps dernier. À côté de stations de nourriture offerte à tous, les étudiants assis en groupes échangent leurs idées et discutent paisiblement. Ils s’efforcent de ne pas hausser le ton, afin de ne pas déranger leurs collègues étudiants suivant les instructions d’un professeur de yoga.

«L’enjeu central, c’est la lutte au néolibéralisme. On promeut une éducation gratuite, libre et émancipatrice. Les cours sont levés en solidarité avec d’autres étudiants de pays où il y a eu une hausse importante des frais de scolarité, notamment l’Angleterre. Les gens trouvaient l’idée de faire une grève locale pour un enjeu international romantique au début, mais on leur a fait comprendre», dit Jess Corneau, aussi porte-parole de l’AECSL.

«On garde nos revendications locales, mais elles passent en deuxième. On n’aime pas la ghettoïsation. Nos revendications traversent les frontières: on a des raisons de se battre ensemble», renchérit Mme Garrido.

Les enjeux qui les mobilisent tournent autour de l’éducation, qu’ils souhaitent libératrice et accessible. Mais concrètement, qu’est-ce que ça veut dire?

«C’est une éducation libre des influences du marché, un principe oublié pendant le printemps érable. On produit des diplômes sur l’éducation permanente ponctuelle pour les besoins du marché», dénonce le porte-parole.

Tout de suite, sa collègue renchérit: «Le but, c’est d’instruire les élèves et non de créer des produits du marché. On veut changer la mentalité de l’éducation. Un diplôme sert à chercher un bon emploi et pas à éduquer la population leur permettant de participer au changement de la société.»

L’école de la grève

N’attendant pas que leurs vœux soient exhaussés, les cégépiens passent à l’action. L’AECSL organise des cours et des conférences gratuits. Les étudiants en grève ont ouvert leurs portes à tous les Laurentiens, les invitant à prendre part au Cégep populaire.

Économistes, philosophes, entomologues (étude des insectes), anthropologues, médecins et professeurs de yoga ont accepté de venir partager leurs connaissances gratuitement. Si les étudiants font grève, ce n’est pas le cas de leur esprit.

«Ça nous a appris des choses qu’on n’aurait pas vu en classe. Plus on en apprend, plus on veut en apprendre. Ça crée une culture de débat et d’intérêt», pense Mme Garrido.

Jess Corneau dit avoir bénéficié de la grève de ce printemps. «Avant, je n’allais jamais aux conférences universitaires. Quand tu sors de ta télé, tu réalises qu’il se passe bien des choses!»

 

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