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La traversée du désert des profs du Cégep de Saint-Laurent

Alors que la situation évolue d’heure en heure au Cégep de Saint-Laurent, ses professeurs ne savent pas s’ils donneront un cours lundi prochain ou devront faire le choix déchirant de passer ou non un piquet de grève.

« Le vote de reconduite de la grève est tellement serré que le syndicat des professeurs est mal à l’aise », explique Jo-Anne Fraser, présidente du syndicat des professeurs du Cégep de Saint-Laurent. « Ce qui s’est passé en assemblée générale est un peu déroutant. Avec un mandat aussi faible, les professeurs se questionnent », dit-elle. Au moment d’écrire ces lignes, les membres du syndicat débattent toujours de ce qu’ils feront s’ils se retrouvent devant un piquet de grève.

En attente du résultat du vote de vendredi, Mme Fraser estime « que la seule possibilité d’avoir un retour en classe harmonieux passe par un vote fort des étudiants. » Inquiets, les professeurs craignent que le retour en classe tourne au vinaigre et qu’une intervention policière mène à des éclats de violence. « Ce sont mes étudiants, c’est mon Cégep c’est chez nous »,  déclare avec force Yannick Delbecque, professeur en mathématique qui craint pour la sécurité de ses étudiants.

Des heures sombres

Guillaume Fournier , professeur de musique s’inquiète du sort des professeurs à temps partiel. « Les contrats de travail ne sont pas signés pour la reprise des cours.  Si les cours ne reprennent pas, les professeurs non permanents ne seront pas payés », explique M. Fournier. Cette situation touche près d’une quarantaine de professeurs sur 400.

Tout en voulant être solidaire et respectueuse des décisions prises par l’assemblée générale de l’association des étudiants, Mme Fraser, qui doit défendre les membres du syndicat, se sent « prise entre l’arbre et l’écorce. »

« Nous risquons de perdre des professeurs qui cherchent de meilleures conditions de travail et de se retrouver, à la dernière minute, avec des classes sans professeur », prévoit pour sa part, M. Fournier.

Pas sortit du bois

Dans l’éventualité où les étudiants reviendraient  en classe ils devront finir leurs cours en une session accélérée. « Donner onze semaines de cours en six semaines et demie, c’est une surcharge de travail », dit M. Delbecque. Il va falloir faire des choix dans la matière, estime Mme. Fraser  Sinon, avec la présence en classe, les devoirs, les laboratoires et autres activités pédagogiques prévues « on va leur demander 82 heures par semaine », affirme M. Fournier qui sait bien que la chose n’est pas réaliste.  «Je crains qu’il y ait beaucoup d’échecs et d’abandons, comme ça a été le cas en Outaouais et à Sherbrooke», s’inquiète M. Fournier. En plus, Mme Fraser estime que l’accélération d’une session aura un impact sur les sessions, car « la matière sacrifiée devra bien être reprise quelque part. »

Les Nouvelles Saint-Laurent News continueront de suivre ce dossier et d’informer ses lecteurs des développements de cette histoire.

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