Si votre parti est élu, comment envisagez-vous de régler la crise étudiante qui secoue le Québec depuis plusieurs mois?
Jean-Marc Fournier, candidat du Parti libéral du Québec dans Saint-Laurent
Par cette élection, nous demandons aux citoyens de réaffirmer deux principes fondamentaux. D’abord, le droit des étudiants d’assister à leurs cours sans intimidation et sans violence. La loi que nous avons adoptée réaffirme les jugements de la Cour supérieure à l’effet que les portes des collèges et des universités ne doivent pas être bloquées. Ni madame Marois ni monsieur Legault ne sont prêts à prendre les moyens pour donner accès aux classes aux étudiants qui y ont droit.
Ensuite, en insistant sur un principe de droit fondamental; les lois doivent être respectées, les jugements doivent être respectés et chacun de nos concitoyens doit être respecté.
Notre démocratie est mise en péril lorsque certains s’arrogent la capacité d’imposer son point de vue sans respect pour les autres qui sont d’un autre avis. Une forte participation au vote pour réaffirmer le droit à l’éducation et le respect des lois permettra de mettre fin au désordre et nous redonner la stabilité nécessaire au progrès économique.
Rappelons que le gouvernement a toujours négocié de bonne foi avec les étudiants. Nous avons offert aux étudiants un étalement sur 7 ans de la hausse des droits de scolarité, une bonification du régime de prêts et bourses ainsi qu’un remboursement proportionnel au revenu pour les prêts étudiants. Les offres que nous avons faites font en sorte que la hausse est annulée pour les étudiants démunis et pour ceux de la classe moyenne. Nous croyons que c’est aux Québécois maintenant de trancher la question.
Marie Josèphe Pigeon, candidate de Québec Solidaire dans Saint-Laurent
En tant qu’étudiante, portant fièrement et sans violence le carré rouge, j’écris ce texte quelques heures à peine avant de participer à une Assemblée générale qui décidera de la poursuite ou non de la grève. Trève ou grève, nous savons que le mot « rêve » y est, même si nous votons la tête sur le billot libéral.
Je tiens à préciser :
LA GRÈVE EST ÉTUDIANTE, LA CRISE EST POLITIQUE ET LA LUTTE EST SOCIALE
Les étudiant-e-s réagissent à une hausse sans précédent des frais de scolarité qui limiteront l’accessibilité aux études supérieures, ce qui est un droit fondamental reconnu par le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, que le Canada a signé.
Au lieu de négocier avec les regroupements d’associations étudiantes, le gouvernement Libéral a choisi de plonger le Québec dans une crise politique avec la Loi 12 (projet de loi 78).
La population québécoise s’est tenu edebout devant cette loi inique en faisant résonner des casseroles. C’est aussi debout qu’elle ira aux urnes.
Pour résoudre la crise politique de la grève étudiante, Québec solidaire a depuis 2006 dans son programme et sa plate-forme : la gratuité scolaire de la maternelle à l’université incluse. L’argent pour le faire est ailleurs que dans vos poches.
Un gouvernement solidaire mettra aussi en place des mesures pour favoriser la persévérance scolaire, ainsi qu’un soutien accru à l’école publique, en effectuant un transfert progressif des subventions publiques allouées aux écoles privées vers le secteur public.
Debout pour Saint-Laurent
George Manolikakis candidat de la Coalition avenir Québec dans Saint-Laurent
Avant même que ne débute la campagne électorale, la Coalition Avenir Québec dévoilait son approche pour un retour en classe paisible après la tumultueuse crise étudiante : « Notre gouvernement amendera les aspects de la Loi 78 encadrant le droit de manifester. Nous proposons également de réduire les hausses prévues des frais de scolarité de 254$ par an sur 7 ans à 200$ par an pour cinq ans», de dire Abel-Claude Arslanian, candidat de la CAQ dans Acadie.
George Manolikakis, candidat de la CAQ dans Saint-Laurent, affirme qu’un gel des frais de scolarité ou la gratuité ne sont pas acceptables : « La Coalition veut redonner au système universitaire québécois les moyens de maintenir et renforcer sa tradition d’excellence en recherche et en enseignement, tout en maintenant le principe de l’accessibilité aux études universitaires. La CAQ retarderait jusqu’à janvier 2013 l’application de la hausse. »
Messieurs Arslanian et Manolikakis ajoutent que la CAQ prévoit que le financement supplémentaire accordés aux universités soit assujetti au dépôt d’un plan de rationalisation de leur gestion. « Nous tenons à ce que les services aux étudiants soient améliorés avec une meilleure allocation des ressources résultant du travail des institutions. N’oublier pas qu’avant de donner notre accord à la Loi 78, la CAQ a proposé de nombreux amendements. La CAQ a toujours travaillé à trouver une résolution paisible à la crise et la dernière proposition va dans ce sens », de conclure les candidats d’Acadie et de Saint-Laurent, Abel-Claude Arslanian et George Manolikakis.
Maxime Bellerose candidat d’Option nationale dans Saint-Laurent
Il ne faut pas « régler » cette crise étudiante, mais bien comprendre ce qui la motive, et les écouter. Ils marchent tous pour assurer un meilleur avenir à nos enfants et nos futurs enfants. Une hausse drastique des frais de scolarité diminuera le nombre d’inscriptions aux universités, et ce sera toute la société Québécoise en en paiera le prix.
Chez Option nationale, nous proposons une gratuité scolaire balisée, c’est-à-dire qu’un étudiant suivant le cours normal de sa formation ne devrait pas avoir à payer des frais de scolarité. Il faut comprendre que cette gratuité scolaire est un revenu, et non une dépense ! Les gens en moyenne, sous la gratuité scolaire, vont à l’école plus longtemps, et par conséquent, paient plus d’impôt. De plus, chaque étudiant qui va chercher, par exemple, un BAC, paie en moyenne 200 000$ de plus en impôt dans sa vie. Cet excédent de revenus pour l’état paie pour la gratuité scolaire, et plus encore. On ne peut donc pas de permettre de ne pas s’offrir la gratuité scolaire, surtout dans un contexte de mondialisation où les cerveaux sont la ressource la plus payante pour une société.
Cette gratuité scolaire balisée pourrait même être appliquée aux étudiants étrangés qui étudieraient au Québec, et qui décideraient par la suite d’immigrer ici, par des crédits d’impôt dans les années qui suivent l’obtention du BAC.