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Séisme en Haïti: l’histoire de deux familles

Il y a deux ans, lorsque la terre a tremblé en Haïti, les répercussions se sont faites sentir jusqu’au Québec. À ce moment-là, je n’avais pas la moindre idée de l’impact que l’événement aurait sur ma vie et ma famille.

La semaine du 12 janvier 2010, nous nous sentions tous un peu Haïtiens. Mais nous étions quand même au Québec, suivant la nouvelle à la télévision dans nos maisons qui tenaient debout. Loin de la poussière. Loin des cris dans la rue. Loin de l’odeur …

C’est alors que des survivants ont commencé à arriver à Dorval en provenance de Port-au-Prince. Ces quelques centaines de personnes ont pu quitter le pays et espérer un nouveau départ à Montréal. La famille St-Louis en faisait partie.

À l’arrivée des ressortissants, on leur a offert entre autres une tuque, quelques boîtes de conserve, et une chambre au «Y». Des organismes communautaires tels que la Maison d’Haïti, débordés, se sont affairés à pourvoir des services d’accueil et de recherche de logement.

Et c’est là que notre vie a changé et que notre famille s’est enrichie à jamais.

Mon mari et moi sommes des gens plutôt terre-à-terre. Sachant que nous ne pouvions pas reconstruire Port-au-Prince ou loger les millions de déplacés en Haïti, nous nous sommes dit, «Pourquoi ne pas offrir une chambre ou deux, à un Haïtien, ou deux, pour un mois … ou deux.»

Il n’a suffit que d’un coup de téléphone à la Maison d’Haïti pour apprendre que Parnel St-Louis était assis dans le hall d’entrée, attendant qu’on lui trouve une place pour que sa petite famille puisse y emménager. Son séjour au «Y» tirait à sa fin. Deux jours après, Parnel et Molina St-Louis sont arrivés chez nous, emmitouflés jusqu’aux cheveux, avec leurs deux petites filles, âgées de cinq mois et de deux ans.

Pour les quatre mois qui ont suivi, notre maison à Saint-Laurent s’est remplie de monde, certes, mais aussi du parfum du riz et haricots, de rires (et pleurs) d’enfants, de petits moments d’irritation et de grands sentiments de complicité. Les liens qui se sont tissés ont passé de «famille d’accueil» à «amis», puis à «famille» en peu de temps.

Deux ans plus tard, Parnel et Molina sont devenus autonomes. Ils ont trouvé un emploi, un logement et une garderie. Ils ne vivent plus sous notre toit, mais l’attachement entre leur famille et la nôtre demeure.

Et maintenant, c’est à mon tour de m’envoler vers Port-au-Prince. Je travaille pour Vision Mondiale, et je serai en Haïti pour souligner l’anniversaire du tremblement de terre, voir les programmes de Vision Mondiale sur le terrain, et constater les progrès et les défis qui demeurent.

Et je vais me sentir concernée, non seulement en tant que professionnelle, mais surtout parce que je suis désormais «Tatie Marg» – «matante». Je porte dans mon cœur deux petites Haïtiennes, deux filles qui n’ont pas de souvenir du pays qu’elles ont quitté, et que leurs parents rêvent de réintégrer un jour.

Parnel et Molina désirent les mêmes choses que nous voulons tous pour nos enfants : la sécurité, la santé, un logement, une éducation et un moyen de subsistance pour la famille. Alors ils vont passer un autre hiver à Montréal, peut-être plusieurs.

Je sais que Vision Mondiale, avec d’autres ONG et agences gouvernementales, poursuivra son travail afin que Haïti devienne une place où il fait bon vivre, et où les enfants peuvent s’épanouir.

Mais à Montréal, en attendant, les membres de la grande famille Buchanan-Guérard-St-Louis continueront à partager leurs vies.

Margaret Buchanan, résidente de Saint-Laurent

Suivez Margaret Buchanan en Haiti:

www.visionmondiale.ca

Twitter : @Vision_Mondiale

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