Saint-Laurent
14:24 9 décembre 2014 | mise à jour le: 9 décembre 2014 à 14:59 temps de lecture: 4 minutes

Salaires des élus: Saint-Laurent en tête

Les élus de Saint-Laurent sont parmi les politiciens les mieux payés de Montréal. Le maire de l’arrondissement, Alan DeSousa, touche le sixième plus haut salaire des 103 élus de la Ville de Montréal, et ce, bien qu’il ne siège pas au Comité exécutif de Denis Coderre.

Avec 147 881$ versés en 2014, le maire DeSousa n’est devancé au palmarès que par le maire Coderre, ainsi que par quatre maires d’arrondissement, tous membres du Comité exécutif. Ca mandat leur ajoute un salaire annuel de 41 146 $.

En comparaison, le maire de Saint-Laurent fait 32 900$ de moins que le Premier Ministre du Québec, dont la rémunération annuelle s’élève à 180 781$.

Le salaire annuel moyen d’un travailleur Laurentien est de 35 647$.

Les conseillers suivent de près
Les conseillers de ville Francesco Miele et Aref Salem font également bonne figure parmi les salariés. Avec leurs salaires de 136 144$ et 129 213$ en 2014, ils se classent respectivement à la 8e et 12e place au palmarès.

Ces rémunérations, fixées par la Ville-centre, s’expliquent par le cumul de fonctions.

M. Miele est également leader de la majorité au conseil municipal, vice-président de la commission de la présidence du conseil et membre du conseil d’administration de la Société des transports de Montréal.

M. Salem, pour sa part, siège au conseil exécutif, en plus d’être membre du conseil d’agglomération et du conseil de la Communauté métropolitaine de Montréal.

Michèle D. Biron est la conseillère d’arrondissement la mieux payée de toute la ville de Montréal, avec un salaire de 77 939$. Elle est notamment présidente de la commission de la culture, le patrimoine et les sports. Maurice Cohen gagne de son côté 69 101$.

Ces deux rémunérations sont les seules fixées par le conseil de l’arrondissement, plutôt que par l’administration centrale.

M. DeSousa explique que le salaire plus élevé que la moyenne des deux conseillers est due à la taille démographique du territoire de Saint-Laurent.

«Nous avons décidé d’ajouter un peu plus de 10 000$ au montant fixé par la loi sur le traitement des élus. La raison est très simple. Maintenant que Saint-Laurent a passé le cap des 100 000 habitants, les deux conseillers desservent des territoires qui sont très larges, de 50 000 personnes. Ce sont pratiquement des villes en soi.»

Calcul
Le salaire 2014 des élus montréalais a été rendu public le 21 novembre dernier. Selon les données fournies par la Ville de Montréal, chaque rémunération est calculée sur une indemnité annuelle de base. S’ajoute à cela, le salaire attribué aux différentes fonctions cumulées par les élus.

Outre son mandat de maire d’arrondissement, M. DeSousa cumule les fonctions de conseiller de ville au conseil municipal, pour lequel il est aussi président de la commission sur les finances et l’administration. Il est également membre du conseil de la Communauté métropolitaine de Montréal et membre du conseil d’agglomération.

Danielle Pilette, professeure associée à l’école des sciences de la gestion de l’UQAM, précise que cette tendance à la hausse des salaires des élus laurentiens s’explique par deux facteurs, mises à part les responsabilités supplémentaires assumées à la ville centre.

«D’abord, il y a la question de la taille. Saint-Laurent est un arrondissement très populeux. De plus, il y a la question de la capacité de payer, c’est-à-dire la richesse foncière uniformisée. Saint-Laurent est relativement favorisé au niveau de la richesse foncière. Il y a beaucoup de secteurs industriels et commerciaux, qui rapportent davantage. Dans le secteur résidentiel, il y a beaucoup de nouveau développement également.»

Une structure à part
Selon la professeure Pilette, il est impossible de comparer Montréal avec d’autres grandes villes, à cause de son cadre institutionnel extraordinaire.

«Montréal est l’une des seules villes où le maire d’arrondissement est élu. À Paris, par exemple, les arrondissements n’ont pas de budget à gérer. Ils sont des structures consultatives qui ne donnent que quelques services de proximité, mais très peu. Ici, l’arrondissement est l’équivalent d’une municipalité locale de même taille,» a-t-elle précisé.

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