Saint-Léonard

«Trop tard», disent des commerçants du centre Le Boulevard

Plus de la moitié des commerçants ont déjà planifié leur départ de l’emblématique centre commercial léonardois. Photo: David Flotat/Métro Média

Des commerçants du centre commercial Le Boulevard estiment que le plan de sauvetage dévoilé par Québec survient trop tard pour freiner l’exode des magasins provoquée par l’expropriation.

Si les clients présents sur place le lundi 2 août étaient heureux d’apprendre que Le Boulevard demeurera ouvert après le 1er décembre, le ressenti est bien différent chez les commerçants.

«Pourquoi annoncer maintenant que le centre restera ouvert alors que la moitié des commerces a déjà été forcée de trouver de nouveaux locaux?», se questionne un restaurateur.

Fin 2020, l’entreprise propriétaire Crofton Moore a annoncé la vente des lieux à la Société de transport de Montréal (STM). Dans la foulée, plus de la moitié des commerçants s’est mise à la recherche d’un nouvel endroit où s’installer.

Plusieurs commerçants expliquent aujourd’hui avoir déjà signé un nouveau bail ailleurs et disent ne pas pouvoir faire marche arrière.

«C’est inhumain ce que nous avons vécu ces derniers mois, je n’ai pas les mots. C’est évidemment bien trop tard pour annoncer ça. La plupart des commerçants avaient déjà dû trouver ailleurs où aller. Que faire si la moitié s’en vont? En 28 ans que je suis ici, je n’ai jamais été aussi inquiète pour la suite», partage Mme Vézina, la gérante de la bijouterie Olivine.

Un futur centre fantôme ?

Depuis l’annonce de la fermeture, environ 35 des 60 enseignes locatrices auraient déjà prévu déménager ou mettre la clé sous la porte.

Les commerçants restants mentionnent que certains gros noms contribuaient à l’attractivité du Boulevard. Avec leur départ, une baisse importante de la clientèle serait à prévoir.

«Même si le centre reste ouvert, je considère partir, car il ne sera plus aussi attractif qu’avant. C’est malheureux», partage le gérant d’un dépanneur.

«Les grandes enseignes du Boulevard ont déjà prévu de s’en aller, ce qui est normal vu le temps qu’il leur restait pour trouver une solution. Sans elles, il y aura moins de monde, et ça nous pénalise, nous, les petits commerçants», regrette un autre gérant de commerce.

Une indemnisation qui se fait attendre

Alors que la facture des expropriations est régulièrement évoquée du côté du ministère des Transports du Québec (MTQ), certains commerçants dénoncent un manque de communication claire concernant le montant et la date de versement des indemnisations.

«On entend parler de cette compensation depuis plus de 8 mois. Jusqu’ici, nous n’avons reçu aucune indication de la part du ministère concernant ceci. On n’a aucune idée des échéances, ni du montant», partage un cordonnier.

À travers l’édifice, d’autres commerçants partagent cet avis.

«On attend avec impatience de voir ce qu’il se passe, de notre côté nous n’avons toujours rien reçu et on ne nous a rien dit», indique une directrice de magasin de détail.

«Tout reste flou malgré cette annonce. Ça fait des mois qu’on nous promet des choses, mais il n’y a rien de concret.»

Le MTQ n’a pas encore répondu aux questions de Métro.

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